Diane Kurys fait revivre Simone Signoret et Yves Montand, couple iconique engagé et suggéré ici par Marina Foïs et Roschdy Zem dans Moi qui t’aimais, un films à voir dans les salles de cinéma mercredi 1er octobre. Un titre qui en dit long sur leur relation.
Le parti pris de Diane Kurys est dans le titre Moi, qui t’aimais. Moi, c’est Simone SIgnoret qui a tant aimé Yves Montand. Pour la réalisatrice — et pas seulement elle- elle l’aimait plus que tout, et apparemment, à la différence de lui qui l’aimait plus que toutes les autres.
De toute évidence, c’est Simone Signoret qui intéresse Diane Kurys. La réalisatrice d’Un homme amoureux en 1987 — mettant en scène un acteur marié tombant sous le charme d’une jeune comédienne lors d’un tournage —, filme l’actrice amoureuse mais surtout la femme amoureuse. L’occasion de rappeler qu’en son temps, Simone Signoret, auréolée de son Oscar pour Les Chemins de la haute ville en 1960, était l’une des comédiennes es plus célèbres de France et que c’est elle qui a révélé Yves Montand au grand public.
Suggérer un couple
Diane Kurys s’inspire bien sûr de son livre La Nostalgie n’est plus ce qu’elle était mais aussi d’interviews dans la presse, à la radio, à la télévision qu’elle reconstitue. Elle a rencontré des proches du couple dont la vie était parfois étalée dans les médias. C’est dans les journaux que Simone Signoret apprendra la liaison de son mari avec Marilyn Monroe. Elle filme sa force, sa détermination, son humour mais aussi sa vulnérabilité, sa fragilité. Mais pas question pour elle de jouer les victimes.
Pas question non plus pour Marina Foïs et Roschdy Zem de prétendre incarner les deux icônes, la ressemblance n’est pas là. D’ailleurs, la première scène du film montre les acteurs au maquillage. Le but ici est de suggérer le couple : Signoret, qui se moquait du qu’en dira-t-on, son franc-parler mais aussi l’alcool, les cigarettes, les kilos en trop, mais toujours là, et Montand, toujours soucieux de son image, flamboyant, léger, malicieux, volage, mais toujours là, jusqu’au bout.
Diane Kurys signe non pas un biopic mais une fiction témoignant des dernières années d’une histoire d’amour houleuse et solide. Ces années où l’on pourrait se demander pourquoi ces deux-là sont toujours ensemble. Celle de Montand et Signoret aura perduré jusqu’au décès de Simone, en 1985, à 64 ans. Ça valait bien un film.
- Moi qui t’aimais de Diane Kurys (France, 1h58) avec Roschdy Zem, Marina Foïs, Thierry de Peretti…
