L’addiction à l’amitié

Un petit verre d’alcool et Mika (Paul Kircher) et Dan (Idir Azougli) sont les rois de la fête / Photo : Pyramide Distribution

Après avoir filmé un Petit Paysan, mémorable, Hubert Charuel s’associe à sa co-scénariste Claude Le Pape pour signer Météors qui sort dans les salles de cinéma mercredii 8 octobre. Le film nous parle d’amitié forte mais parfois toxique.

Météors met en scène trois jeunes adultes, copains pour la vie, seuls au monde, dans une petite ville du Grand-Est. L’un d’entre eux, Tony (Salif Cissé) a trouvé sa voie et bosse dans le BTP. Les deux autres, Mika (Paul Kircher) et Dan (Idir Azougli), n’ont pas encore donné un sens à leur vie. Mika s’ennuie dans un fast-food et Dan pointe au chômage. Leur vie, c’est le lien indéfectible qui les unit à l’alcool et aux stupéfiants… 

On retrouve les deux potes, un de ces jours où les ennuis s’accumulent : une tentative ratée de vol d’un chat Maine Coon, une fuite en voiture qui se conclut par un accident, suivi d’un passage au commissariat puis devant une juge. Celle-ci leur donne six mois pour sortir de leurs addictions. Finalement Tony leur trouve du travail dans une poubelle nucléaire. Mika et Dan rêvaient de quitter la région : se retrouver enfermés dans le dédale d’un sous-sol. Va-t-il les aider à s’en sortir ?

Le mal-être des jeunes

Après avoir évoqué avec sensibilité le mal-être des agriculteurs dans l’excellent Petit Paysan — César du meilleur premier film en 2018 — Hubert Charuel et la co-scénariste Claude Le Pape s’intéressent au mal-être des jeunes vivant dans la diagonale du vide, nom donné à une large bande allant de la Meuse aux Landes où la densité de population est plus faible que dans le reste de la France. Ils font de l’amitié le thème principal de Météors. Une amitié qui fait force, joie et bonheur, mais pour Mika et Dan, cette amitié quasi fusionelle empêche l’épanouissement de l’un lorsque l’autre est au plus bas. Avec maladresse, chacun tente d’aider l’autre sans y parvenir..

Le trio de jeunes acteurs Paul Kircher, Idir Azougli et Salif Cissé, fonctionne idéalement. Leur entente évidente nous permet d’éprouver de l’empathie pour chacun d’entre eux lorsque l’un va mal. Face à ce trio d’hommes, les réalisateurs donnent à des comédiennes — pas toujours professionnelles — les rôles  symboles d’autorité : la juge, l’avocate, l’addictologue… Une addictologue censée aider Mika et Dan à soigner leur dépendance à l’alcool et aux drogues. Mais qu’en sera-t-il de leur addiction à l’amitié ? À vous de voir.

Partager l'article