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Godard à couper le souffle

Richard Linklater met en scène Zoey Deutch et Guillaume Marbeck dans la peau de Jean Seberg et Jean-Luc Godard lors du tournage de « À Bout de souffle »  / Photo : Jean-Louis Fernandez

Représenté en avant-première au festival au Cinéma américain de Deauville, Nouvelle Vague de Richard Linklater, dans les salles de cinéma mercredi 8 octobre, a réjoui les amoureux du 7e art en les replongeant dans À Bout de souffle de Jean-Luc Godard.

Si vous aimez le cinéma, vous allez aimer Nouvelle Vague. Richard Linklater nous ramène dans les années 1950-1960 au moment où le cinéma connaît un nouvel élan insufflé par de jeunes cinéastes qui signent des premiers longs-métrages d’un genre nouveau. Pour sa Nouvelle Vague, présenté à Cannes et à Deauville, le réalisateur américain a choisi pour personnage central le fameux Jean-Luc Godard, au moment où il se sent prêt à tourner son premier long-métrage, À Bout de souffle. « Tout ce dont on a besoin aujourd’hui pour faire un film, c’est une fille et un flingue… », avance le réalisateur suisse. La preuve avec les deux héros qu’il met en scène : une jeune Américaine (Jean Seberg), jolie, intelligente et libre, installée à Paris, qui se laisse séduire par un petit voyou sympa (Jean-Paul Belmondo). 

N’attendez pas un remake du film sorti en 1960, mais plutôt une sorte de faux making of, avec reconstitution soignée d’une époque, du style et de l’état d’esprit d’un réalisateur qui voulait changer la façon de faire du cinéma. C’est jubilatoire et ça l’est encore plus si vous avez pu voir le fameux À Bout de souffle.

Un pari risqué et réussi

Après Michel Hazanavicius et Le Redoutable, c’est un Texan qui prend donc le risque de « s’attaquer » à un monstre sacré. Rassurez-vous, Richard Linklater réussit son pari risqué : on aime se retrouver parmi des artistes qui parlent de leurs projets, de leurs succès comme de leurs échecs. Le casting, parfait, nous amène à croiser des comédiens qui font revivre François Truffaut, Claude Chabrol, Jean-Pierre Melville, Agnès Varda… et bien d’autres.

Et bien sûr, ceux qui sont au cœur du film comme l’excellent Guillaume Marbeck dans son premier rôle au cinéma, parfait en Godard au phrasé particulier. Si Aubry Dullin paraît un peu embarrassé dans la peau de Jean-Paul Belmondo, la belle Zoey Deutch incarne  avec classe une Jean Seberg sensible et moderne. Le talent était au rendez-vous, d’ailleurs. le festival du Cinéma américain profitait de sa présence Deauville pour lui remettre son Prix Nouvel Hollywood. 

À voir après ou avant d’avoir vu ou revu A bout de souffle

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