Pour son premier film, Kristen Stewart adapte le roman autobiographique de Lidia Yuknavitch, La Mécanique des fluides. Et c’est tellement réussi que The Chronology Of Water, un film à voir au cinéma mercredi 15 octobre, remporte le prix de la Révélation au festival du Cinéma américain de Deauville.
La Mécanique des fluides, puissant récit autobiographique de la nageuse Lidia Yuknavitch, victime d’inceste et de maltraitance, a touché profondément la comédienne Kristen Stewart au point d’avoir l’audace d’en faire une adaptation cinématographique. The Chronologie Of Water est un premier essai mais surtout un premier succès. Présenté à Cannes et en compétition à Deauville, le film a touché tous les festivaliers mais surtout le jury emmené par le Normand Jean-Pascal Zady qui lui a attribué son Prix de la Révélation.
Kristen Stewart a fait du chemin depuis sa première apparition au cinéma en 2002 dans Panic Room de David Fincher, et si son rôle de Bella Swan dans la saga Twilight entre 2008 et 2012 l’a révélée au grand public, la jeune comédienne a tout fait pour se détacher du personnage romantico-fantastique, privilégiant le cinéma indépendant aux grosses productions américaines. D’ailleurs, en 2015, son interprétation dans Sils Maria (2014) d’Olivier Assayas lui vaut le César de la Meilleure actrice dans un second rôle.
Autant dire que les cinéphiles n’ont pas été surpris de la retrouver derrière la caméra. Et uniquement derrière la caméra. Le rôle principal de The Chronology Of Water, elle préfère le confier à la formidable et convaincante Imogène Poots. Elle se montre à la fois forte et bouleversante en Lidia, jeune écorchée vive qui se débat dans la vie, lourdement encombrée par des traumatismes dûs à une enfance entre un père abusif et alcoolique et une mère dépressive et suicidaire.
Pour incarner cette Lidia brisée mais qui cherche à se relever, la comédienne britannique ne craint pas de s’enlaidir. Et Kristen Stewart le justifie sur la scène du CID de Deauville: « Au fond, The Chronology Of Water est une invitation à regarder en face la laideur, à accepter la hont, et à ressortir de tout ça en sachant que votre corps et votre histoire vous appartiennent. »
Kristen Stuart avait aimé le style erratique et non linéaire du roman et sa mise en scène rageuse se veut tout aussi fragmentée. Les traumatismes de Lidia nous remontent par flashbacks douloureux. À nous de recoller les morceaux qui nous permettent de mieux comprendre le comportement de l’étudiante s’abrutissant de drogues et d’alcool. En attendant de trouver l’amour et surtout ce goût de l’écriture qui lui permettra de sortir du chaos de l’enfance.
Même si le film est imparfait, le spectateur ne doute jamais de la sincérité de Kristen Stewart. On ne sort donc pas vraiment indemne de cette Chronology Of The Water. Et c’est parfois ce qu’on demande au cinéma.
- The Chronology Of Water de Kristen Stewart (Etats-Unis, 2h08) avec Imogen Poots, Thora Birch, James Belushi…
