Leïla Sy s’inspire d’une histoire vraie pour signer Hell In Paradise, un film dans les salles de cinéma mercredi 26 novembre. Quand une jeune Française, réceptionniste dans un palace d’une île paradisiaque, risque la prison après avoir été injustement accusée.
Avec EuropaCorp à la production et à la distribution, on peut s’attendre à un film comme Luc Besson les aime, c’est-à-dire avec pour héroïne une jeune femme aussi jolie que solide — de Nikita à Anna en passant par Jeanne d’Arc —, qui va en voir de toutes les couleurs. De fait, dans Hell In Paradise, c’est le cas de Nina (l’intense Nora Arnezeder). Lassée des trafics illégaux de son petit frère et des reproches de sa mère, elle décide de larguer les amarres. Adieu Marseille et ses mafieux, bonjour une île paradisiaque de l’océan Indien où un palace cinq étoiles lui offre un poste de réceptionniste. Cette jeune femme, intelligente, énergique, peu pressée de se marier et encore moins d’avoir des enfants, met son sourire resplendissant au service d’un accueil chaleureux de touristes fortunés et exigeants.
Malheureusement, comme le titre l’indique, ce petit paradis ne tarde pas à se transformer en enfer pour la jeune Française. Un jour, faute de personnel suffisant, on lui impose, avec l’une de ses collègues, de jouer les baby-sitters auprès de trois enfants. Appelée à un autre poste, la collègue ne tarde pas à la laisser seule avec un bébé qui hurle et ses deux grande sœurs hyperactives. Préoccupée par les cris du petit dernier, Nina, ne voit pas l’une des deux fillettes s’éloigner. On la retrouvera quelques minutes plus tard noyée dans l’un des nombreux bassins de l’hôtel.
Une cible idéale
Le scénario de Virginie Silla nous place dans la situation d’une étrangère engluée dans une affaire dramatique, perdue dans les dédales de la police et de la justice d’un pays dont elle ne parle pas la langue. Et la voici manipulée par son employeur qui ne veut pas perdre sa réputation ni sa clientèle, par son supérieur direct qui refuse d’assumer la moindre responsabilité, et même par ses collègues qui craignent de perdre leur poste. Elle est la cible idéale pour être désignée unique coupable de cette mort accidentelle et risque quinze ans de prison.
On ne peut qu’applaudir ce travail sur le pouvoir masculin, le pouvoir de l’argent, le pouvoir des institutions qui s’entendent pour s’attaquer aux plus faibles, tout comme ce regard sur l’injustice sociale qui impose aux plus pauvres d’accepter un ordre inacceptable. Dommage que Hell In Paradise aille trop loin en faisant de Nina une héroïne d’exception. Nina a beau être belle et solide, on ne croit pas une minute qu’elle ne pourra pas s’en sortir. On s’étonne même que l’aide lui viendra de son petit frère pourtant enfermé dans une geôle marseillaise.
Avis aux amateurs.
- Hell In Paradise de Leïla Sy (France, 1h42) avec Nora Arnezeder, Maria Bello, Alyy Khan…
