La joie au féminin, tout un art

Auprès de Roberta (Matilda De Angelis), Goliarda Sapienza (Valeria Golino) retrouve une raison de vivre / Photo : Mario Spada

Avec Fuori, au cinéma mercredi 3 décembre, Mario Martone renonce au biopic rigoureux sur l’écrivaine italienne Goliarda Sapienza. Il préfère nous amener à la connaître en s’inspirant de deux de ses livres et filmer un été entre deux amies qui se sont rencontrées en prison. 

Présenté au festival du Film de Sarlat, Fuori — traduire Dehors — de Mario Martone nous fait découvrir Goliarda Sapienza, une des plus grandes voix de la littérature italienne du XXe siècle à la reconnaissance malheureusement posthume. De fait, cette comédienne, écrivaine, athée et anarchiste, est décédée en 1996 à l’âge de 72 ans. Son chef d’œuvre, L’Art de la joie, n’a été publié qu’en 2008.

Le réalisateur napolitain nous ramène à Rome dans les années 1980. Goliarda Sapienza (Valeria Golino, très sensuelle) travaille depuis dix ans sur ce qui sera son chef-d’œuvre L’Art de la joie. Mais son manuscrit est rejeté par toutes les maisons d’édition, et l’argent commence à manquer. Désespérée, Goliada Sapienza commet un vol qui lui coûte sa réputation et sa position sociale. 

Un peu de nostalgie

On la retrouve dans la plus grande prison pour femmes d’Italie où elle va y côtoyer des voleuses, des junkies, des prostituées mais aussi des détenues politiques. Une fois libérée, Goliarda continue à rencontrer ces femmes et développe avec l’une d’entre elles, Roberta (Matilda De Angelis), une relation enchantée qui lui redonnera le désir de vivre et d’écrire.

Mario Martone s’inspire de deux de ses romans, L’Université de Rebibbia et Les Certitudes du doute, pour filmer entre vérité et fiction Goliarda Sapienza chez elle, dans la prison de Rebibbia, au milieu de vraies détenues, dans les rues de Rome, loin de la ville carte postale des touristes. Il filme le contraste entre cette femme à la fois digne et sensuelle, réservée et curieuse des autres, et les anciennes détenues — femmes, amies, sœurs de survie — au quotidien plus terre à terre, qui la réconcilient cependant avec son statut de femme libre et intellectuelle. 

Avec Fuori, Mario Martone évoque la liberté et signe un portrait de femme empreint de nostalgie.

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