Une tranche de vie romantico-chaotique

Entre Adam (Patrick Hivon) et Tina (Piper Perabo), le courant passe tout de suite… / Photo Metafilms

Cinquième long-métrage d’Anne Émond, Amour apocalypse, un film projeté dans les cinéma à partir du mercredi 21 janvier, a été présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes, avant de remporter le Grand prix du jury aux Journées romantiques de Cabourg.

Pour avoir connu plusieurs étapes de la dépression — angoisse, sentiment de vide, peur du futur — Anne Émond s’est lancée dans l’écriture d’un scénario dont le héros, Adam (Patrick Hivon, parfaitement juste dans le décalé), 45 ans, est un éco-anxieux qui ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. 

Comme la réalisatrice, ce propriétaire d’un chenil, célibataire, sympathique avec les bêtes comme avec les humains, ne veut pas se laisser abattre et se montre prêt à tout pour lutter contre sa maladie. Il va même jusqu’à essayer la luminothérapie. Un problème technique avec sa nouvelle lampe l’amène à appeler le service après-vente. En quelques minutes, Adam tombe sous le charme de sa téléconseillère, Tina (Piper Perabo, lumineuse et troublante) qui ne reste pas insensible à la gentillesse de son correspondant. Cette rencontre inattendue va tout dérégler : alors que les cœurs explosent, la terre tremble… De cette histoire d’amour loufoque, Anne Edmond fait naître une comédie fantastique aussi romantique que chaotique.

Dans le monde d’Anne Émond qui va très mal , les personnages évoluent entre canicule et crépuscule. Cependant, la terre a beau gronder, le sol a beau trembler, les protagonistes sont encore et toujours préoccupés par leurs histoires d’amour, de sexe, de famille et de jalousie. L’amour a le dessus sur l’apocalypse à venir. Et le spectateur se sent en empathie autant avec le duo, qu’avec les autres personnages, tous atypiques, Eugène, le père d’Adam, Romy, une jeune employée, et même Mikey, le conspirationniste.

Avec Anne Émond, l’humour et le rire sont les meilleurs remèdes à la dépression. À quand la séance de cinéma remboursée par la sécurité sociale ?

Partager l'article