Dans ses pièces chorégraphique, Léo Lérus, fondateur de la compagnie Zimarèl, montre un profond attachement à son île natale, la Guadeloupe. Présenté mardi 3 février au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray pendant le festival C’est déjà de la danse, Gounouj, grenouille en créole, évoque toute la fragilité d’un milieu naturel.
En Guadeloupe, il existe un endroit paradisiaque où l’équilibre naturel s’avère parfait entre la flore et la faune. « C’est un lieu encore très protégé avec une présence humaine très limitée. On y trouve une alternance d’environnements avec une plage, une forêt tropicale, un marécage, une mangrove et chacun joue son rôle », se réjouit Léo Lerus. Le danseur et chorégraphe ne se lasse pas de ces espaces magnifiques, encore préservés.
Il apprécie toujours autant le chant des grenouilles, les gounouj comme il est dit en créole. « Quand la nuit tombe et qu’il pleut, elles chantent et cela crée une ambiance singulière. Dès que je les entends, je me dit : là, je suis chez moi. Et ça m’apaise. C’est comme les cigales dans le sud de la France. J’ai un véritable amour pour les grenouilles ».
Une métaphore de la vie
Léo Lérus rend « un hommage » aux grenouilles et à ce lieu, Gros Morne/Grande Anse, où il a entamé l’écriture de cette nouvelle création, Gounouj, présentée mardi 3 février au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. À cet équilibre parfait naturel, il oppose le gwo ka, « cette danse qui se joue des déséquilibres ». Gounouj est une métaphore de la vie. « Nous sommes sur une ligne comme des funambules. Malgré tout, il faut avancer. Cela nous apprend à être flexibles ».
Pour écrire Gounouj, une pièce d’une grande vitalité, empreinte néanmoins de nostalgie, le danseur et chorégraphe, ancien interprète de la célèbre Batsheva, est allé puiser dans son héritage culturel et dans ses récentes expériences artistiques. « Après mes toutes premières pièces, j’ai souhaité faire une pause pour avoir le temps de réfléchir à ce que je veux amener dans la danse et pour générer des outils. J’ai construit avec tous ces éléments et j’ai approfondi ».
Gounouj a été écrit pour quatre interprètes, Robert Cornejo, Arnaud Bacharach, Andréa Moufounda et Johana Maledon, artiste associée au Phare, centre chorégraphique national de Normandie Le Havre. Léo Lérus les transporte dans des ambiances lumineuses, colorées et sonores guadeloupéennes. Dans cette pièce, découpée en chapitres, il raconte les relations à l’intérieur d’un groupe, la complicité entre les membres à la recherche toujours d’un bien-être.
Infos pratiques
- Mardi 3 février à 20h30 au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray
- Durée : 55 minutes
- À partir de 12 ans
- Accessible aux personnes déficientes auditives
- Tarifs : de 18 à 5 €
- Réservation au 02 32 91 94 94 ou en ligne
- Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
