Des épouses non traditionnelles

Chacune à leur manière, Violette (Laurence Leboeuf) et Florence (Karine Gonthier-Hyndman) vont retrouver goût à la vie / Photo : Les Alchimistes

Dans Deux Femmes et quelques hommes, au cinéma mercredi 4 mars, la Québécoise Chloé Robichaud remet au goût du jour Deux Femmes en or, une comédie qui a fait un tabac au cinéma en 1970, avant d’être un succès sur scène. 

Prix spécial du Jury à Sundance et à Liège, Prix du Public en Espagne, la comédie de Chloé Robichaud, Deux Femmes et quelques hommes, fait rire à travers le monde et devrait faire rire dès aujourd’hui les Français. Il faut dire que Violette (Laurence Lebœuf) et Florence (Karine Gonthier-Hyndman), au premier abord désespérées, retrouvent goût à la vie grâce aux quelques hommes qui vont croiser leur chemin.

Bon à savoir, pour son quatrième long-métrage, Chloé Robichaud reprend un immense succès populaire québécois de 1970, Deux Femmes en or de Claudie Fournier, adapté à la scène par Catherine Léger. Le film mettait en scène deux voisines, femmes au foyer qui, lassées du manque d’attention de leur mari, s’offrent quelques aventures avec des hommes de passage, livreur, plombier, dératiseur ou autre électricien…

Évidemment la condition féminine a bien évolué en cinquante ans et la réalisatrice en tient compte. Pour garder ses héroïnes à la maison, elle met Violette, en congé maternité, et en plein post partum, et Florence, en arrêt de travail pour cause de dépression profonde. De quoi leur donner du temps pour observer les passants, papoter entre voisines, attendre le retour du mari absent… Entre Violette et Florence, les confidences vont bon train et en particulier les conversations à propos de leur homme en particulier et des hommes en général. Pour elles, il est temps de repenser leur libido, avec ou sans leur mari. 

Le regard de deux femmes

Chloé Robichaud décrit ainsi deux femmes, la blonde et la brune, qui apparemment, ont tout pour être heureuses mais qui se retrouvent piégées dans leur quotidien. Après ce constat qui les effraie, elles vont prendre leur courage à deux mains et oser sortir des sentiers battus. 

Faute de rire aux éclats, on sourit souvent face aux avancées thérapeutiques de ces desesperate housewives d’abord timides, réservées, et de plus en plus hardies, voire gonflées. Pour changer des corps de femmes qui inondent le grand écran, la caméra suit les regards de Violette et Florence qui s’attardent sur le bras musclé, le torse velu, la paire de fesses charnue d’un visiteur. Reste à constater le désarroi des maris qui ne reconnaissent plus la mère de leur enfant. 

Certes Deux Femmes et quelques hommes manque un peu de profondeur. La comédie l’emporte sur les problèmes de couple mais le film a le mérite d’aller à contre-courant de mouvements comme le masculinisme ou le tradwife — le retour à l’épouse traditionnelle — qui apparaissent aujourd’hui et dont il faut savoir se méfier.  

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