Après La Famille Asada, Ryôta Nakano adapte un essai autobiographique de Riko Murai, Mon Grand Frère et moi. Il nous émeut — et nous amuse — encore mais cette fois avec une famille en deuil. Le film sort dans les salles de cinéma mercredi 6 mai.
Il nous avait touchés et amusés avec La Famille Asada. Ryôta Nakano revient avec Mon Grand Frère et moi, avec une autre famille aux relations compliquées. Une comédie sur le deuil qui va encore nous émouvoir. L’héroïne de cette tragi-comédie est une épouse modèle, très organisée, qui parvient à mener de front son rôle de femme, de mère de deux fils et d’autrice à succès. Il y a pourtant quelque chose qui cloche dans la vie sage de Riko (Kô Shibasaki), quelque chose qu’elle cherche à oublier, qu’elle a tenté d’enfouir au plus profond d’elle-même.
Depuis l’enfance, Riko ne supporte pas son frère aîné, extraverti, insouciant, léger. Toute petite, elle a même souhaité un jour qu’il disparaisse à jamais. Ce jour-là est venu et l’annonce de sa mort par téléphone est le point de départ dramatique du film qui va s’éclaircir au fur et à mesure que la petite sœur redécouvre ce grand frère (Joe Odagiri) qu’elle avait rayé de sa vie un peu trop vite.
Des retrouvailles
Avec la délicatesse qu’on lui connaît, Ryôta Nakano s’empare de l’essai autobiographique de Riko Murai et s’intéresse à la vie de ceux qui restent après la mort d’un proche. Pour son héroïne, son frère aîné était un parasite, un fardeau instable. Il lui demandait constamment de l’aide, si ce n’était pas de l’argent. Vider sa maison représente une véritable corvée. Mais le deuil peut être aussi le moment de retrouvailles inespérées. Et la voilà rejointe par son ex-belle-sœur, Kanako (Hikari Mitsushima), venue avec sa fille Marina (Aoyama Himeno) dans l’espoir de renouer avec Ryoichi (Yota Momoto), leur fils vivant avec son père depuis le divorce.
Le réalisateur filme les trois femmes qui s’activent dans le capharnaüm, l’air dégouté, entre draps sales, aliments pourris, papiers empilés… Et puis quelques souvenirs refont surface et les premiers sourires illuminent les visages, quand ce n’est pas un fou-rire ou même un éclat de rire qui fuse… C’est l’heure aussi des confidences ; chacune gardant une facette différente du disparu. Pour Kanako, c’est l’image de l’homme en costume blanc qui lui a fait la plus belle demande en mariage. Pour Riko, c’est le grand frère qui l’emmenait en balade sur son vélo quand leurs parents travaillaient. Un grand frère qui joue les fantômes bienveillants. Il fait des apparitions surprenantes qui amène Riko a en oublié le parasite. D’ailleurs la dédicace du livre de Riko Murai ne tient pas au hasard : « Ce n’est pas un fardeau, c’est un refuge. »
- Mon Grand Frère et moi de Ryôta Nakano (Japon, 2h07) avec Kô Shibasaki, Joe Odagiri, Hikari Mitsushima.
