La Vénus électrique, comédie romantique réjouissante de Pierre Salvatori, a fait l’ouverture du Festival de Cannes. Une première mondiale emmenée par Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons…
Depuis Cible émouvante en 1993, Pierre Salvatori n’en finit pas de nous charmer avec des comédies douces-amères comme Les Apprentis (1995), Hors de prix (2006), Dans La Cour (2014, Swan d’or du Meilleur réalisateur à Cabourg), En Liberté ! (2018, primé à la Quinzaine des réalisateurs). Il revient aujourd’hui avec La Vénus électrique, une comédie romantique riche en péripéties autour de l’art et de l’illusion.
Pierre Salvatori nous emmène à la fête foraine de Saint-Ouen à la fin des années 1920. À l’époque, le public, plus crédule qu’aujourd’hui — on n’avait alors pas accès ni à internet ni même la télévision —, faisait volontiers la queue pour apercevoir des sœurs siamoises, une femme à barbe ou encore la fameuse Venus electrificata dont les baisers provoquent de véritables coups de foudre.
Un nouveau travail
Après une tournée générale des attractions populaires — c’est beau, c’est coloré, c’est vivant ! —, le réalisateur s’intéresse de façon plus intime à cette Vénus spectaculaire. Pour Suzanne (Anaïs Demoustier), c’est juste un travail éprouvant et très mal payé, qui l’oblige à chaparder à droite et à gauche pour espérer pouvoir rembourser sa dette envers son patron Titus (Gustave Kervern).
Un jour où elle cherche un « complément de salaire » chez la voyante Claudia, un homme totalement ivre, pénètre dans la roulotte et la supplie d’entrer en contact avec son épouse défunte. Antoine (Pio Marmaï), artiste en vogue, est incapable de peindre la moindre toile depuis la mort d’Irène (Vimala Pons), au grand dam d’Armand (Gilles Lellouche), son ami et galeriste. Une séance suffit pour qu’Antoine se retrouve derrière son chevalet. Acceptant ce nouveau boulot, ponctuel mais nettement mieux payé — Armand ira jusqu’à ajouter un bonus en cas de tableaux vendus — Suzanne se montre plutôt douée quand elle se glisse dans la peau de Claudia, prêtant son corps et sa voix à Irène.
De l’amour
Sur le papier, cette histoire peut paraître farfelue — et elle l’est parfois à l’écran — mais la mise en scène fluide et ingénieuse, les rebondissements flamboyants et crédibles et la justesse des acteurs nous permettent de croire en cette romance à trois, voire à quatre… On aime d’emblée l’insolence de l’intrépide Suzanne, on désire immédiatement consoler le malheureux Antoine, on s’attache au malicieux et touchant Armand et on se laisse volontiers impressionner par Irène, son entièreté et sa redoutable franchise. Et chacun d’eux nous bouleverse à sa manière.
Car cette comédie romantique teintée de burlesque ne masque pas la souffrance qui émaille une vie, une époque : le deuil, la pauvreté, l’exploitation des plus faibles, la fatigue physique ou mentale, la condition féminine, l’amour qui s’essouffle, la culpabilité qui vous ronge.. Mais vous pouvez compter sur La Vénus électrique pour vous rappeler la valeur de l’amour et de l’amitié.
- La Vénus électrique de Pierre Salvadori (France, 2h02) avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons…
