Prise de conscience

Elisa Zanetti (Barbara Ronchi) fouille dans sa mémoire / Photo : Oliver Oppitz

Leonardo Di Costanzo s’inspire des travaux de deux criminologues italiens, Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali, pour signer L’Affaire Zanetti, un film dans les cinémas mercredi 3 juin, dont l’héroïne a été condamnée pour un crime dont elle dit ne pas se souvenir.

En 2023, Jeanne Hery évoquait la justice restaurative en confrontant des victimes face à des auteurs d’agression — tous volontaires — dans Je verrai toujours vos visages. Aujourd’hui Leonardo Di Costanzo nous en parle autrement avec L’Affaire Zanetti. Le réalisateur italien s’est inspiré d’un vrai fait divers — le cas Albertani qui s’est déroulé en 2009 en Italie — et s’est appuyé sur les travaux d’Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali, deux criminologues italiens, pour mettre en scène les entretiens entre un chercheur et une criminelle condamnée à vingt ans de prison pour le meurtre de sa sœur, crime qu’elle n’a pas nié mais dont elle a dit ne presque rien se rappeler. 

Nous sommes dix ans après les faits. Elisa Zanetti (Barbara Ronchi, très intense) a trouvé son rythme de vie paisible dans une prison suisse, ouverte sur la nature, inspirée d’expériences pilotes menées dans les pays scandinaves — de quoi interroger le système carcéral français… Elle travaille au restaurant-bar de l’établissement et accepte de participer aux recherches d’un criminologue de renom, le professeur Alaoui (Roschdy Zem, plus sobre que jamais). Alors qu’elle était restée muette lors de son procès et pendant toute sa détention, on assiste à des face-à-face parfois tendus, l’essentiel étant qu’Alaoui reste patiemment à l’écoute d’Elisa, sans la juger, jusqu’à ce que la jeune femme puisse mettre des mots sur les souvenirs qui lui reviennent petit à petit. 

Leonardo Di Costanzo filme les faits avec rigueur non pas forcément tels qu’ils se sont produits, ni quand, mais tels qu’ils reviennent en mémoire à Elisa. Ces images ponctuent les entretiens d’une intensité presque dérangeante. Ce qui nous amène à nous demander si la recherche de la vérité n’est pas sans danger.  L’Affaire Zanetti a reçu le Prix œcuménique à la Mostra de Venise. 

Partager l'article