Pour sa Bataille de Gaulle : l’âge de fer, un film au cinéma mercredi 3 juin, Antonin Baudry s’est appuyé sur la perspective du Britannique Julian Jackson, auteur du livre De Gaulle : une certaine idée de la France.
Qu’on soit politiquement de droite ou de gauche, des extrêmes ou du centre, Charles de Gaulle reste et restera un point de repère dans l’histoire de la France et Antonin Baudry nous en rappelle les raisons en deux temps avec dans La Bataille de Gaulle : l’âge de fer en salle ce mercredi 3 juin, en attendant La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, le mois prochain.
Ce premier opus de cette Bataille de Gaulle démarre en 1940. Pétain a signé l’armistice et Charles de Gaulle, alors général deux étoiles, quitte la France pour Londres. Il n’accepte pas la capitulation et, seul contre tous, croit en une France libre. Antonin Baudry met en scène les moments décisifs, les discussions compliquées, parfois âpres avec un Churchill qui, impressionné par cette folle détermination, ne sait pas vraiment quoi penser de cet inconnu qui prétend être la France à lui tout seul. Pour le gouvernement de Vichy, De Gaulle est un traite destiné à être fusillé, pour les autres, il est tel un Don Quichotte se battant contre des moulins à vent.
La Bataille de Gaulle : l’âge de fer donne l’occasion de mieux comprendre les hommes. De Gaulle, l’idéaliste, Churchill, le réaliste, seul dirigeant européen à repousser Hitler, Roosevelt, le pragmatique, qui fait attendre l’entrée de l’Amérique dans la Seconde Guerre mondiale. Mieux comprendre aussi les stratégies mises en place, les enjeux géopolitiques et les différentes batailles qui ont changé le destin de la France.
Du cinéma
Antonin Baudry filme le rayonnement de de Gaulle dans les colonies françaises, le ralliement du Tchad, du Cameroun, du Congo. C’est d’ailleurs en Afrique que se joueront des batailles sur terre et en mer, donnant lieu à des scènes impressionnantes comme la bataille dans le port de Dakar en septembre 1940, ou celle de Bir Hakeim au printemps 1941, belle démonstration de la volonté militaire des Forces françaises libres. Dès lors, la voix de de Gaulle sera écoutée et entendue.
Le réalisateur n’oublie pas non plus de faire du cinéma avec quelques scènes héroïques et des jeunes Français, Fernand (Florent Lesieur) et Lyvia (Anamaria Vartolome), prêts à entrer en résistance, rappelant au passage la manifestation spontanée de milliers de lycéens le 11 novembre 1940.
Côté comédiens, ils ont été nombreux à participer à cette bataille à commencer par Simon Abkarian, remarquable en de Gaulle, adoptant ses postures, sa démarche, sa façon de parler. Le générique impressionne avec Benoît Magimel en héroïque général Koening, Niels Schneider en combatif général Leclerc, Mathieu Kassovitz en inquiétant amiral Darlan, Simon Russell Beale en jubilatoire Churchill. Sans oublier Karim Leklou, la touche douce et comique du film, Félix Kysyl en Jean Moulin qui annonce l’éveil de la résistance…
De Gaulle voulait convaincre le monde que la bataille de France n’était ni terminée, ni perdue. Mission accomplie pour le réalisateur du Chant du loup, ce premier opus donne terriblement envie de voir le suivant, La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom. Mais il faudra patienter jusqu’au mercredi 1er juillet.
- La Bataille de Gaulle : l’âge de fer d’Antonin Baudry (France, 2h40) avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur…
