Les Terrasses du jeudi se poursuivent avec une série de concerts entre chanson, electro, reggae et folk. Sept formations sont programmées ce 14 juillet dans le centre ville de Rouen. Place à la poésie avec Ben Herbert Larue.

 

Ben Herbert LarueLa chanson, le théâtre… puis la chanson, à nouveau. Ben Herbert Larue revient à ses origines artistiques avec la sortie de son album, Ogre de parole, et plusieurs concerts dont le 14 juillet aux Terrasses du jeudi à Rouen. Chez cet artiste, installé dans l’Eure, il y a un point commun à ses différents langages : une « poésie imaginaire ». « Je suis un féru de mots, une arme terrible. L’émotion passe par eux. Très vite, ils m’ont fait voyager. Je me suis demandé comment je pouvais rendre cela vivant. Pour moi, c’était la chanson ». Le recueil de poésie ? Il arrivera à l’automne. Le roman ? « C’est pour plus tard. J’en écrirai quand je serai vieux ». Un vrai parcours d’autodidacte : « c’est l’école de la vie, de la rue, des tripes sur la table ».

 

La chanson lui va parfaitement. Ben Herbert Larue jongle avec les mots, leur sens, leur double sens, leur contre-sens, dessine des portraits de personnages singuliers, raconte des vies cabossées, porte des propos engagés « sans arriver le poing en l’air ». L’inspiration ? « Je continue à regarder le monde. Derrière nos fenêtres se joue la plus grande comédie du quotidien. C’est un entrainement de tous les jours. C’est accessible à tout le monde. Il suffit de se poser, regarder, se donner la peine de faire cet exercice régulièrement. Chacun peut le faire parce que nous avons tous une âme de poète. Celle-ci est juste annihilée par les écrans. Une fois, j’ai regardé la télé. J’en ai bouffé beaucoup. Cela m’a lavé la tête. Je n’arrivais plus à écrire ».

 

Ben Herbert Larue s’est astreint à un sport quotidien : l’écriture. « J’essaie cette gymnastique tous les jours. Même si ce n’est pas très bon. Même si ces textes ne sortiront jamais ». Ben Herbert Larue préfère écrire lorsqu’il se retrouve « dans un état de fragilité, loin de tout repère. Je suis comme un funambule. J’ai un côté ogre et petite fée, Peter Pan et capitaine Crochet. C’est comme si tous ces personnages cohabitaient. D’ailleurs, un ogre est un être fragile. S’il ne l’était pas, il ne mangerait pas les enfants ».

 

Sur scène, Ben Herbert Larue électrise avec sa voix puissante, une gestuelle. « J’aime beaucoup lorsque les chanteurs parlent avec leurs mains. Brel et Loïc Lantoine sont mes références. Ils interprètent tellement. Ce sont de vrais comédiens ». Jouer, Ben Herbert Larue aime ça. « C’est fort d’interpréter un personnage ». Dans Cirque Ombrage, un spectacle créé avec sa compagnie Ô Clair de plume, Ben Herbert Larue est Marcus, « un chamboulé de la tête, un fou fou craintif ».

 

Il chante. Il joue, tente de « casser la barrière entre la scène et le public. C’est sans prétention. C’est comme si on venait dans un salon, dans un repas de famille. Un concert est un gros câlin collectif ». Après les Terrasses du jeudi, Ben Herbert Larue sera la saison prochaine à l’espace culturel François-Mitterrand, au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen, au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray.

 

Le programme du 14 juillet

  • 18h30 : Garçons s’il vous plaît, place Saint-Marc
  • 18h30 et 20h15 : Cabaret contemporain, place du 19-Avril-1944
  • 18h45 et 20h30 : Ishmel McAnuff et The Frontline Band, place du Vieux-Marché
  • 19 heures : Ben Herbert Larue, place Saint-Marc
  • 19 heures et 20h45 : Dimoné, place de La Cathédrale
  • 19h15 et 21 heures : Ilaria Graziano & Francesco Forni, espace du palais
  • 20h30 : Dénécheau Jâse Musette, place Saint-Marc

 

Concerts gratuits