DSCF0522Michel Laclotte, historien de l’art, spécialiste de la peinture italienne des XIVe et XVe siècles, ancien directeur du Louvre qui a été responsable scientifique du programme du musée d’Orsay, était à Rouen pour découvrir l’exposition Eblouissants Reflets au musée des Beaux-Arts. Homme exigeant et écouté, pilote de divers projets, il a apporté conseils et remarques sur les futures expositions.

 

 

 

Vous avez visité l’exposition Eblouissants Reflets. Qu’en pensez-vous ?

Beaucoup de bien. Pourtant je suis plutôt dans le genre sévère. Cette exposition a un thème réel, présente des œuvres connues et d’autres beaucoup moins connues. J’ai vu des toiles de Monet que je ne connaissais pas du tout. Il y a également un vrai parcours historique et stylistique. Je trouve que le sujet est traité complètement. Avant d’arriver, je pensais que cette exposition était moins importante.

 

Qu’entendez-vous par un vrai parcours ?

Il y a une notion d’évolution dans cette exposition qui n’est pas uniquement chronologique. On parcourt certes cinquante ans de peinture, de Jongkind au Nymphéas de Monet, mais aussi une évolution thématique avec les ponts, la navigation, le canotage…

 

Quel est votre sentiment sur la scénographie ?

Une scénographie est bonne quand on ne la voit pas et quand on ne voit que les œuvres. C’est le cas ici.

 

Qu’est-ce qu’une exposition réussie ?

Pour qu’une exposition soit réussie, il faut un sujet nouveau – comme un livre, il doit apporter des choses nouvelles –  Eblouissants Reflets en sont un. Il faut également réunir des œuvres connues bien sûr et aller à la recherche de tableaux nouveaux. Une articulation historique est indispensable tout un catalogue sérieux. Il y a tout cela ici. Comme tous les gens de ma génération, j’ai connu une période où la culture tenait une grande place dans la société. Aujourd’hui, il y a moins de grands projets comme Orsay ou le Grand Louvre. C’étaient des actions fortes de l’Etat. Il est vrai que les budgets sont plus timides. Aujourd’hui, monter une telle exposition dans une période tristounette est à saluer. Souvent les expos sont vite faites. Il y a un bon titre et derrière il n’y a rien.

 

Quel regard portez-vous sur le musée des Beaux-Arts de Rouen ?

Je n’étais pas venu depuis trois ans. J’aime beaucoup la collection de ce musée. C’est tout de même le seul musée de province à réunir un Poussin, un Caravage et un Velasquez.

 

  • Jusqu’au 30 septembre, tous les jours, sauf le mardi, de 9 heures à 19 heures, le mercredi de 11 heures à 22 heures.
  • Tarifs : 10 €, 7 €, gratuit pour les moins de 26 ans et les demandeurs d’emploi. Renseignements au 02 35 52 00 62

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