Depuis un peu plus d’un an, Simon Fleury tient les rênes de L’Éclat à Pont-Audemer. Un nouveau challenge pour ce directeur qui sait jongler avec les contraintes d’un lieu et ses envies d’un développement artistique.

Il est passé d’une rive à l’autre de la Seine. Simon Fleury a laissé la direction de Théâtre en Seine pour prendre celle de L’Éclat à Pont-Audemer. La première, « c’est une salle qui se trouve non loin de l’agglomération de Rouen avec un grand nombre de structures culturelles ». Quant à la seconde, elle est « particulière parce qu’elle se situe au milieu d’un triangle formé par les villes de Rouen, Le Havre et Caen. Elle est sur un territoire important et rural et rayonne sur 35 kilomètres. C’est une véritable scène de territoire avec un fort potentiel de développement ». Et là, très peu de concurrence.

Simon Fleury a eu « envie de s’y projeter ». C’était il y a un peu plus d’un an. Il est arrivé à L’Éclat après Céline Baez qui est restée deux saisons. Dans son projet, il y a la volonté de « repenser le lieu », « l’ouvrir sur les territoires et les habitants ». C’est devenu une constante dans les projets artistiques : une salle ne doit plus être un îlot en plein désert mais un espace ouvert à tous les publics autant pour la diffusion que l’action culturelle. L’objectif : une plus grande démocratisation de la culture. Mais pas de salle sans artistes non plus. « La présence artistique est indispensable. C’est une réelle richesse. Le département de l’Eure compte plusieurs compagnies dont La Poursuite, Eulalie, le collectif du K, Les Petits Champs, L’Héliotrope. Le projet prévoit une activité de résidence, un soutien à la création avec des productions et des coproductions ». Tout en inscrivant ce travail artistique sur le territoire.

Avec les compagnies régionales

Cette saison 2017-2018 est marquée de l’empreinte de Simon Fleury. Le nouveau directeur de L’Éclat a préservé la dimension pluridisciplinaire de L’Éclat. « En raison de sa particularité géographique, il est indispensable d’avoir une ouverture maximale artistique », parfois de faire de grands écarts pour faire rimer exigence, curiosité, diversité et habitude. La programmation marie théâtre, danse, cirque, humour et musique. Du théâtre, avec ou sans objet, classique et contemporain et joué aussi par des compagnies régionales. Simon Fleury les accompagne, comme à Duclair. Au programme : Fred Tousch, La Part des anges, La Chat Foin, La Dissidente, le Théâtre des Crescite avec un cycle consacré à Shakespeare. De la musique aussi avec une programmation plus éclectique axée sur la chanson française, le jazz et les musiques du monde.

En tout 80 levers de rideau. Néanmoins, Simon Fleury veut voir plus grand. « Il manque un deuxième plateau pour accueillir les équipes en résidence ». A L’Éclat, il faut en effet choisir : diffusion ou création. Le directeur a déjà quelques idées. Il part investir le tribunal lors du Banquet shakespearien.