C’est un concert aux couleurs américaines. Les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie jouent dimanche 14 janvier au Théâtre des Arts des pièces de compositeurs tels que Bernstein, Barber, Copland, Dvořák et Crumb.

Un saut outre-Atlantique… C’est à tenter dimanche 14 janvier au Théâtre des Arts avec les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Rouen. Teona Kharadze et Marc Lemaire, violons,  Cédric Rousseau, alto, Jacques Perez, violoncelle, Naoko Yoshimra, clarinette, et Christian Erbslöh, pianiste et enseignant au conservatoire de Rouen, traversent un siècle de musique de chambre américaine à travers cinq partitions, connues ou pas, mélancoliques ou pas.

Première étape : la sonate pour clarinette et piano de Leonard Bernstein (1918-1990). C’est une œuvre des jeunesse, composée entre 1941 et 1942 et la première à être publiée. « On sent déjà le Bernstein de West Side Story », indique Christian Erbslöh. Il y a quelques teintes jazzy ajoutées aux couleurs néoclassiques. « C’est à ce moment-là que Bernstein rencontre Copland ». Tous deux ont en effet suivi les cours de Nadia Boulanger, fondatrice du conservatoire américain de Fontainebleau. Les musiciens interprètent le Sextuor pour clarinette, piano et cordes, une partition très dense. « Intellectuellement, c’est compliqué. Pourtant, à l’écoute, on éprouve une sensation de facilité. Chez Copland, il n’y a pas de systématisme. Il faut du temps pour comprendre, pour s’imprégner de l’œuvre, confronter les logiques. Tout cela doit mûrir. C’est bien sûr inconscient mais nous avons besoin de ce temps, notamment le temps de l’oubli », explique le pianiste. Entre ces deux pièces, il y a l’adagio pour le quatuor à cordes opus 11 de Samuel Barber (1910-1981), une musique célèbre que l’on peut entendre dans Elephant Man de David Lynch et dans Platoon d’Oliver Stone.

La deuxième partie du concert commence par la Sonate pour violoncelle seul de George Crumb, né en 1929. « C’est la plus belle œuvre composée pour le violoncelle », estime Jacques Perez. « Il y a quelque chose de spontané, beaucoup d’émotion et de mélancolie. Crumb écrit cette pièce dans un contexte particulier. On sent véritablement une douleur profonde, un souvenir lointain qui revient comme une obsession. Dans le deuxième mouvement, Crumb s’inspire de musique irlandaise. Le thème est plus joyeux mais les ambiances mélancoliques reviennent vite ».

Dernière pièce : le quatuor à cordes n°12, Américain, d’Antonin Dvořák (1841-1904), le compositeur le plus ancien de ce concert consacré à la musique américaine. Le directeur du conservatoire national de New York, de 1892 à 1895, évoque là sa région natale, la Bohème, tout en s’inspirant de chants amérindiens. Les compositeurs vont alors puiser dans un répertoire méconnu mais d’une richesse infinie.

  • Dimanche 14 janvier à 16 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 21 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr