simon-wahlIl y aura une ambiance singulière vendredi 30 septembre au Rêve de l’escalier à Rouen. La librairie accueille Simon Wahl, jeune guitariste allemand qui se produit tout seul. Juste une guitare et un jeu de virtuose pour créer des atmosphères éthérées, des instants mélancoliques. Entretien.

 

A Rouen, vous jouez dans une librairie. Est-ce que votre musique pourrait être une bande son d’une lecture d’un roman ?

Je n’avais jamais pensé à cela. Cependant, beaucoup de personnes voient des images ou se font des films quand elles écoutent ma musique. Jouer dans un tel lieu est pour moi une chance.

 

Est-ce que la littérature vous influence ?

Je lis plus des ouvrages généraux que des romans. La nature, la vie et la musique sont des influences plus fortes que la littérature.

 

Et le cinéma ?

Le cinéma n’a jamais vraiment influencé mon travail. Mais c’est amusant parce qu’il se produit l’inverse. Quand je compose de la musique, je vois des images, j’imagine un film dans ma tête. Mais tout cela a un lien avec la réalité. Par exemple, quand j’ai écrit la mélodie de Always, j’ai éteint la lumière dans ma chambre. J’ai fermé les yeux et je me suis fait mon film. Je voyais de nombreuses personnes en train de courir dans la zone piétonne de Berlin, la ville où je suis né.

 

Avez-vous déjà ressenti le besoin d’écrire des textes ?

Non, en fait. Si vous ajoutez des paroles à une chanson, alors vous trahissez l’histoire et vous ressentez seulement une partie de la musique. Sans texte, l’auditeur a toute liberté d’interprétation. Par exemple, le titre September comporte des parties en mineur et en majeur. Après les concerts, certaines personnes me disent : « j’aime l’atmosphère mélancolique de September ». D’autres : « j’ai ressenti la beauté des derniers rayons de soleil de l’été ».

 

Peut-on comparer vos compositions à des rêves musicaux ?

Pour moi, oui parce que je vois des images comme dans un rêve.

 

Comportent-elles une spiritualité ?

Non mais il se peut que vous entendiez des choses spirituelles dans ma musique.

 

Comment évolue votre relation avec votre instrument au fil du temps ?

Je possède beaucoup de guitares. D’une part, je vois la guitare comme un morceau de bois avec des cordes, comme un outil qui me permet de m’exprimer à travers la musique. D’autre part, j’aime avoir cette longue et belle relation avec une guitare. C’est une œuvre d’art. Les guitares sont comme le vin. Elles se bonifient avec le temps. Ma guitare principale est une Maton EBG808 que j’ai fabriquée en Australie en 2014. Avec cet instrument, j’ai voyagé partout en Europe et j’ai joué environ 250 concerts. Cette guitare a donc beaucoup de choses à raconter. La relation avec elle est de plus en plus forte.

 

 

 

  • Vendredi 30 septembre à 19h30 au Rêve de l’escalier à Rouen. Concert gratuit.