C’est une nouvelle pièce du vent. Les Os noirs est la dernière création spectaculaire de Phia Ménard qui aborde là le thème de la mort. C’est à voir mardi 20 et mercredi 21 février à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan.

Une création de Phia Ménard est toujours un instant de poésie, d’émotions intenses et palpables. A cela s’ajoute un côté spectaculaire étonnant issu d’un travail sur la matière. La fondatrice de la compagnie Non Nova, danseuse, jongleuse, performeuse, écrit un nouveau chapitre d’une histoire sur les pièces du vent. « Pour moi, c’était évident d’y revenir parce qu’il y a quelque chose d’incontrôlable ». Après plusieurs créations, est-elle parvenue à dompter ce vent ? « Non, toujours pas. C’est ce qui est passionnant ». Cette fois-ci, elle dévoile une face plus sombre en explorant le thème du suicide et de la mort dans Les Os noirs, présenté mardi 20 et mercredi 21 février à la Maison de l’Université à Rouen.

Quel paradoxe ! Pourquoi le vent, associé au souffle, symbole de la vie, pour évoquer la mort ? « Ce jeu avec le vent rappelle justement la vie. Une jeune femme se suicide à de multiples reprises et se réveille. Dans son rêve, elle est en train de mourir. Ce qui est quelque chose de naturel. A chaque fois, elle renaît. Ce spectacle est un conte », remarque Phia Ménard. Un conte inspiré d’écrits de plusieurs poètes. « C’est très baudelairien. Dans Les Os noirs, il y a aussi une référence à la peinture » puis à plusieurs mythes, notamment celui d’Ophélie et de Sisyphe. « Le personnage se débarrasse d’une matière qui l’avait englouti. J’ai pensé au thème des morts-vivants. À un moment, elle renaît dans un cimetière et marche sous terre. J’aime beaucoup ce côté absurde. Comme dans les films d’épouvante et de science fiction ».

Ce spectacle, Phia Ménard ne l’aurait jamais écrit sans la rencontre avec Chloée Sanchez, marionnettiste et ventriloque. « Elle jongle avec le vent. Pour elle, c’est une véritable découverte. Elle a dû travailler avec des éléments qui génèrent de nouvelles sensations, des mouvements différents. Du coup, c’est elle qui devient la marionnette ». Tout au long du spectacle, le personnage se bat avec ses fantômes, des formes mouvantes noires et grises. A la fin de ce pamphlet romantique, elle devient libre. Phia Ménard termine son conte sur une note d’espoir. Il fallait bien un voyage pour exorciser tout cela.

 

 

  • Mardi 20 et mercredi 21 février à 20 heures à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan. Tarifs : 14 €, 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du mercredi 21 février