Pour écrire Transe, interprété mardi 24 novembre au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray, Fouad Boussouf puise dans le hip-hop, les danses contemporaines et tribales et s’est nourri de la poésie de Mahmoud Darwich.

 

photo Sylvain Lefeuvre

photo Sylvain Lefeuvre

« Il n’y a pas de temps pour le lendemain. Je marche. Je trotte. Je cours. Je monte. Je descends. Je crie… » Tel est le début du Lanceur de dés, un des poèmes de Mahmoud Darwich (1941-2008) qui a inspiré Fouad Boussouf. « Il y a quelque chose de prémonitoire dans ce texte. Mahmoud Darwich nous rappelle qu’il faut vivre notre vie maintenant sans avoir peur. Nous avons vécu des atrocités. Faut-il s’arrêter ? Non surtout pas. Je trébuche mais je me relève ».

 

Le poème de Mahmoud Darwich a une résonance singulière aujourd’hui. Tout comme Transe, la pièce chorégraphique de Fouad Boussouf qu’il interprète avec sa compagnie Massala mardi 24 novembre au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray. Elle a été écrite au lendemain des Printemps arabes, créée en 2013. « J’ai une double culture, occidentale et orientale, qui me permet d’avoir un regard différent. En voyant, en lisant sur ce qui se tramait au Maghreb et au Moyen Orient est venue à moi cette idée de la transformation, de la métamorphose dans les corps et dans les esprits, de révolution aux sens propre et figuré ». Vers la transe, « cet état second qui nous rapproche de l’essentiel ».

 

Dans Transe, Fouad Boussouf mêle le hip-hop, la danse contemporaine et la danse tribale, percussives et en lien avec la terre. « C’est une matière palpable qui fait sens, qui met en éveil. Les corps sont happés par la terre alors que la poésie élève. La force et la puissance des mots transcendent la violence des corps ». Des corps, pris dans un mouvement continu, qui cherchent à défier le cours d’une histoire et trouver un équilibre.

 

 

 

  • Mardi 24 novembre à 20h30 au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray. Tarifs : de 20 à 10 €. Réservation au 02 32 91 94 94.