Il a été l’un des acteurs du retour à la figuration narrative dans les années 1960. Henri Cueco (1929-2017) est un artiste pluriel. Le centre d’art contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville lui consacre jusqu’au 2 juillet une exposition, intitulée Connivence.

 

Durant toute sa vie, Henri Cueco, membre fondateur de la coopérative des Malassis, a dialogué avec les grands maîtres de la peinture. Ses grands maîtres à lui, c’était Nicolas Poussin (1594-1665), Philippe de Champagne (1602-1674), Rembrandt (1606-1669), Ingres (1780-1865), Paul Cézanne (1839-1906). En permanence, « il a été en connivence avec eux« , remarque Evelyne Artaud, critique d’art et amie de Cueco.

Connivence : tel est le titre de la nouvelle exposition qui se tient jusqu’au 2 juillet au centre d’art contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville. Dans le manoir sont présentées des séries d’oeuvres en relation étroite avec les peintres classiques, des toiles exprimant la soif insatiable de création de Cueco, sa réflexion permanente sur son travail et sa recherche artistique. « Il disait toujours : l’histoire est à refaire. L’art moderne ne sera jamais achevé. Il est nécessaire de poursuivre le travail de ces grands peintres qui étaient modernes en leur temps. c’est par leur maladresse, leurs ratages, leurs difficultés que les artistes avancent. Nos regards doivent être actifs, donc créateurs. On recherche parce que l’on ne sait pas. la recherche est un acte de non-savoir et non une leçon« .

Cette recherche ne signifie pas reproduction. « Sinon, peindre ne sert à rien. On ne fait jamais rien de nouveau, expliquait-il. Cueco pensait qu’il fallait aller plus loin que ses prédécesseurs« , se souvient Evelyne Artaud. Elle passe alors par la déconstruction, mouvement très influent dans les années 1960 dans lequel se retrouvaient aussi des philosophes.

Henri Cueco va alors beaucoup observer ses grands maîtres, s’approprier leurs chefs-d’oeuvre en réalisant de multiples variations. « Il n’est pas un peintre de la matière mais un peintre de l’image. Là, il va lutter contre son talent. Cueco avait un vrai savoir-faire. Il voulait lutter contre cela pour éviter une peinture facile. Il est ainsi sorti de la narration de la peinture », remarque la critique d’art. En toute liberté, Henri Cueco décortique les oeuvres de la période classique, reproduit divers motifs dans un désordre semblable à celui du monde. Ses travaux racontent les chaos qu’il n’a cessé de ressentir.

 

  • Jusqu’au 2 juillet, tous les jours (sauf fériés), du mercredi au dimanche, de 13 heures à 19 heures au centre d’art contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville. Entrée libre.
  • Visites commentées les dimanches 23 avril, 14 mai et 25 juin à 15 heures. Entrée libre.
  • Ateliers pour les enfants les samedis 22 avril, 10 et 24 juin à 14 heures. Inscriptions au 02 35 05 61 71.
  • Atelier en famille samedi 13 mai à 14 heures. Inscriptions au 02 35 05 61 71.
  • Visite en famille dimanche 11 juin à 15 heures. Entrée libre.