olivensteinsAvril 1978 : formation des Olivensteins. Janvier 1980 : dissolution des Oliventeins à l’issue d’un concert à la salle Sainte-Croix-des-Pelletiers à Rouen. L’aventure musicale des Rouennais, Gilles et Eric Tandy, Vincent et Romain Denis, Ludovic Groslier, n’a duré que dix-huit mois. Pourtant, elle a marqué de nombreux esprits. Les Olivensteins, groupe punk avec un seul 45 tours, a éveillé quelques oreilles avec titres empreints de provocation et loin de tous les clichés. Il y a deux ans, le label Born Bad a pioché dans les archives des Olivensteins pour sortir ce que les fans ont dû beaucoup attendre, le premier album. Les Rouennais ont reformé le groupe cet été pour jouer lors du festival de La Ferme électrique à Tournan. Ils reviennent chanter Euthanasie, Fier de ne rien faire, le titre culte vendredi 20 septembre au 106 à Rouen. Retour sur cette histoire avec Gilles Tandy, chanteur des Olivensteins.

 

Quels souvenirs avez-vous de ce moment avec les Olivensteins ?

C’est le début d’une aventure. Ce sont mes débuts sur une scène, mon premier groupe. Je n’avais pas 18 ans et j’ai abandonné l’école pour faire vivre ce groupe. Tout cela n’a pu que me marquer. De ces moments-là, il reste de très bons souvenirs.

 

Est-ce qu’il y avait beaucoup d’insouciance ?

Quand on a 18 ans, que l’on joue dans un groupe de rock, que l’on ne va pas bosser chez Standard & Poor’s, il ne peut y avoir que de l’insouciance. Ce qui est normal puisque nous étions que des post-ados.

 

Cette aventure a été pourtant très courte.

Oui, très court, juste un an et demi, entre avril 1978 et janvier 1980. Mais cette histoire ne s’est pas arrêtée là. Les Olivensteins ont été un tremplin pour moi. Au début, c’était même un boulet. La notoriété du groupe a en fait gonflé après la dissolution du groupe. Nous avons donné seulement une quinzaine de concerts. Et les trois-quarts étaient en Normandie. Nous en avons donné trois ou quatre à Paris et la salle n’était pas comble.

 

 

Quel est le début de cette histoire ?

Nous étions une bande de copains. Deux des membres venaient de Section spéciale. Mon frère Eric écrivait des textes et nous avons décidé de les mettre en musique. Moi, je n’avais jamais chanté mais j’avais le profil. Tout cela n’a pas été réfléchi.

 

Pourquoi avez-vous choisi ce nom ?

Mon frère avait croisé Olievenstein (psychanalyste très médiatique, ndlr) au concert de Johnny Tunders au Gibus. Il était là pour analyser ce qu’était un punk. A son retour, dans le train, il a pensé à ce nom. Ce qui nous amusait, c’est que cet homme représentait tout ce que l’on détestait. Il était moralisateur et avait tenu des propos cinglants sur le punk. Or, c’était la musique que nous écoutions à l’époque.

 

Vous avez voulu tout naturellement jouer de cette musique.

On a fait ce qu’on savait faire, ce qu’on pouvait faire. C’était une époque riche. Plein de singles arrivaient d’Angleterre au magasin Melodies Massacre où on se retrouvait tous et où mon frère travaillait. On vivait ce mouvement musical. Pour nous, tout ce qui sortait était associé au punk, comme les Clashs, Elvis Costello…

 

Comment avez-vous vécu la dissolution du groupe ?

Il a fallu relancer la machine. J’étais chanteur et je rêvais d’en faire mon métier. Très vite, six mois après, j’ai attaqué sur autre chose : Les gloires locales avec Antoine Massy-Perier, Christian Rosset.

 

Vous souvenez-vous précisément lorsque vous vous êtes dit : c’est fini ?

L’arrêt d’un groupe, c’est toujours un peu confus. Nous commencions à avoir des problèmes avec le docteur qui nous menaçait de procès. De plus, nous n’avions personne pour nous conseiller s’il y avait eu une suite judiciaire. Et nous ne nous étions pas lancé dans cette aventure pour ça. Nous voulions nous éclater, nous amuser avec le public. Nous avions également enregistré un 45 tours sur le label Melodies Massacre mais nous nous sommes heurtés au blocage des maisons de distribution qui n’étaient pas prêtes à prendre des risques. En fait, cette histoire s’est terminée comme elle a commencé, toute seule.

 

 

Est-ce que vous vous êtes plusieurs fois demandé : et si l’histoire s’était poursuivie ?

En fait, nous n’avons pas de regret à avoir parce qu’aucune expérience de groupes de cette époque n’a duré. Il n’y avait rien pour les lancer. De plus, ces groupes étaient en complet décalage avec le show-biz de ces années-là.

 

Etes-vous nostalgique de cette époque ?

C’était le début d’une super époque à Rouen. Il s’est en effet passé plein de choses après. Une dynamique a été lancée. C’est assez réjouissant d’être identifié à ces années-là. Est-ce que nous sommes aujourd’hui une légende ? Je pense que là, on est plus dans le fantasme.

 

Que ressentez-vous quelques jours avant de remonter sur scène ?

C’est toujours agréable de se retrouver. Même si nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Quand on a évoqué le fait de rejouer ensemble, j’étais assez sceptique. Je ne voulais pas être mis dans la case des papis bedonnants qui courent après leur jeunesse. Nous avons donc essayé. Une fois dans le local, l’affaire était pliée…

 

Que jouez-vous ?

Nous jouons les anciennes chansons. On tente de faire du neuf avec du vieux… Pour nous, c’est une première étape ?

 

Quelle est la deuxième étape ?

Je ne sais pas. Les choses avanceront en fonction des envies.

 

  • Vendredi 20 septembre à 20 heures au 106 à Rouen.
  • Première partie : Magic Hawaï
  • Tarifs : de 20 à 4 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com

 

Plus d’infos sur www.bornbadrecords.net