Après la rénovation de la salle gallo-romaine, le musée des Antiquités à Rouen présente jusqu’au 1er juillet un Apollon en bronze doré et diverses pièces provenant des fouilles effectuées à Lillebonne au XIXe siècle.

 

photo Alan Aubry Département de Seine-Maritime

photo Alan Aubry
Département de Seine-Maritime

Il attire tous les regards. Un bel Apollon en bronze doré, datant du IIe siècle, surplombe la mosaïque de la salle gallo-romaine du musée des Antiquités à Rouen. Il y restera jusqu’au 1er juillet, date à laquelle la statue ne reviendra pas au musée du Louvre mais fera l’objet de nouvelles études au centre de recherches. L’objectif : « analyser la dorure, mesurer l’épaisseur des feuilles, comprendre la manière dont ces feuilles ont été posées. Nous allons refaire des radiographies pour redéfinir les alliages. En fait, pour comprendre la fabrication de cette œuvre », explique Sophie Descamps, conservateur en chef au Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines au musée du Louvre à Paris.

 

L’Apollon a une longue histoire. Cette statue a été retrouvée dans la nuit du 23 juillet 1823 à Lillebonne non loin du théâtre antique par des ouvriers en train d’extraire de l’argile. Tout d’abord vendue en Angleterre, elle revient en France en 1853 pour être intégré aux collections du Louvre.

 

« Pendant trente ans, il y a eu une sorte de flottement autour de cette œuvre. Elle est atypique », remarque Sophie Descamps. « Les spécialistes de l’époque n’avaient pas d’échos, de témoignages précis sur ce genre stylistique. Il a fallu trente ans pour qu’elle entre dans les collections du musée du Louvre. Aujourd’hui, elle est entourée de ses collections. On se rend ainsi compte du caractère unique de cette œuvre. C’est une production assez différente provenant des ateliers gallo-romains ».

 

L’Apollon en bronze doré, haut de 1,94 mètre, affiche des traits fins, juvéniles. Il devait tenir dans sa main gauche une lyre, aujourd’hui perdue, tout comme son avant-bras droit. Apollon est une divinité salutaire et son culte était célébré dans de nombreux sanctuaires gallo-romains.

 

La statue en bronze doré complète l’exposition Juliobona-Lillebonne, à la lumière des découvertes anciennes, qui dévoile différentes pièces archéologiques. Celle-ci revient sur l’histoire du théâtre antique, « monument de spectacle le mieux conservé du nord de la France », les bains. Elle présente également le contenu de la tombe d’un jeune homme mort entre 16 et 18 ans vers les IIe et IIIe siècles. La fosse de ce fils de famille riche contenait une grande quantité de verres, d’ivoire, de terres cuites, de bronzes, des plateaux et des coupes en argent…

 

  •  Jusqu’au 1er juillet, du mardi au samedi de 10 heures à 12h15 et de 13h30 à 17h30, le dimanche de 14 heures à 18 heures, au musée des Antiquités à Rouen. Tarifs : 3,50 €, 2,50 €, gratuit pour les étudiants, les moins de 18 ans et les demandeurs d’emploi. Renseignements au 02 35 98 55 10.