Le Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray a une nouvelle directrice. Raphaëlle Girard a pris les rênes de la scène conventionnée danse en remplaçant Béatrice Hanin, partie dirigée la scène nationale de Saint-Nazaire depuis le 1er janvier 2018.

Des souvenirs de pièces de théâtre et de spectacles de danse, elle en a plein la tête. « J’ai toujours eu un appétit pour les arts ». Raphaëlle Girard, petite dernière d’une famille de 5 enfants, a été vite sensibilisée aux différentes disciplines artistiques. « Ma grand-mère était comédienne. Avec elle, je regardais au Théâtre ce soir à la télévision. Mon père était aussi bénévole dans un club de jazz et ma mère a fait du théâtre amateur. Quand j’étais au collège, nous allions au théâtre. Très vite, j’ai demandé un abonnement à mes parents ». 

Raphaëlle Girard ne s’est pas contentée d’aller au théâtre. Elle a également joué jusqu’à l’âge de 19 ans. « J’ai arrêté de moi-même » parce que peu satisfaite de ses prestations. Dans les découvertes artistiques de la jeune femme, il y a aussi la danse. Tout d’abord le modern jazz, les claquettes, puis le flamenco, « une révélation », et la danse contemporaine. « Je découvre alors une autre façon de danser et de nouvelles émotions ».

Une découverte de la Normandie

Sur la liste des souvenirs impérissables de spectacles, il y a Peter Brook, Philippe Caubère, Isabelle Huppert, Joël Pommerat, Jacques Lassalle, Pina Bausch, Régis Obadia, Dominique Bagouet, William Forsythe, Anne Teresa de Keersmaeker, Jan Lauwers, Rachid Ouramdane, Wajdi Mouawad, Mourad Merzouki… « Depuis, je ne peux me passer ni du théâtre ni de la danse ».

Postuler pour le poste de direction du Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray apparaît comme une évidence pour cette femme pétillante et pleine d’humour. D’autant que son parcours professionnel l’a emmené au festival d’Avignon, à la Biennale de la danse à Lyon, au centre de développement chorégraphique national à Toulouse, la Comédie-Française à Paris, aux Subsistances à Lyon, au Toboggan à Décines… « Rien n’a été calculé. Tout a été une question de circonstances et de rencontres ». Différents lieux pour « être au service des artistes et des spectateurs » et porter la culture. « Oui, il y a un côté militant. Mes parents étaient des profs engagés. J’ai donné beaucoup d’heures. Tout cela s’est traduit dans ce mouvement d’éducation populaires et de la culture au départ dans les CEMEA. La culture permet un rassemblement, le partage et lutte contre le repli sur soi ».

Raphaëlle Girard a été responsable de billetterie, chargée des relations avec les publics, secrétaire générale. « C’est là que je commence à toucher à la programmation ». Elle est désormais la directrice du Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Un théâtre qu’elle découvre après une rencontre avec Béatrice Hanin, aujourd’hui à la tête de la scène nationale de Saint-Nazaire. « Nous faisons partie des mêmes réseaux ». La Normandie, elle ne connaissait pas du tout. Sa carrière professionnelle l’a conduite jusque-là à sillonner le sud de France. Avec juste une exception pour Paris.

Hors les murs

Quant au Rive gauche, Raphaëlle Girard a « été séduite par le théâtre, le bâtiment, le plateau, l’équipement, l’histoire. Ma motivation est allée en grandissant. Il y a un terrain fertile ici avec l’héritage de Robert Labaye. Je me suis ensuite informée sur la ville, un territoire qui me touche beaucoup habité par toutes les CSP, notamment une population en difficulté. La culture a un rôle à jouer ».

La danse est bien évidemment la colonne vertébrale du projet de Raphaëlle Girard. Plus précisément toutes les danses. « La programmation sera ouverte à toutes les esthétiques » et aussi au théâtre, « celui qui a du corps », au cirque et à tous les genres musicaux. La nouvelle directrice du Rive gauche veut s’inscrire dans une continuité, dans cette histoire du lieu écrite avec Robert Labaye et Béatrice Hanin. « La programmation de la saison prochaine me va et j’aurai plaisir à l’assumer ». Une programmation qui sera présentée jeudi 6 et vendredi 7 septembre.

Une nouveauté : Raphaëlle Girard souhaite « aller vers les habitants. Et ce, dès la rentrée prochaine. Cela peut être dans une salle de sport, dans une classe, dans une bibliothèque, voire dans la rue avec le Rive gauche en plein air ». Comme Nathalie Pernette, depuis une saison, Bouba Landrille Tchouda sera artiste associé au Rive gauche dès septembre 2018 pour deux années. « J’ai envie de faire découvrir son travail artistique ». Le danseur de hip-hop qui a commencé aux côtés de Mourad Merzouki et de Kader Attou est installé avec sa compagnie Malka en Isère. Raphaëlle Girard portera enfin une attention aux compagnies régionales, à la parité et à la diversité. « Cela me préoccupe ».

  • Présentation de la saison du Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray jeudi 6 et vendredi 7 septembre à 19 heures. Entrée libre