Le Prix Renaudot est de passage à La Galerne au Havre vendredi 4 décembre et à l’Armitière à Rouen samedi 5 décembre. Delphine de Vigan qui a également reçu le Goncourt des lycéens signe D’Après une histoire vraie.

 

photo Nemo Perier Stefanovitch

photo Nemo Perier Stefanovitch

Comment expliquer que l’on se laisse embarquer dans cette histoire « vraie » ? Après Rien ne s’oppose à la nuit (JC Lattès), Delphine de Vigan s’amuse à égarer le lecteur. Et de fait, il est bien perdu. Et pas certain de retrouver son chemin un jour…

 

C’est l’histoire d’une femme qui vit difficilement le succès de son précédent livre. Un livre très autobiographique donc c’est très compliqué, forcément. Pas facile pour la famille, tout ça… Une femme qui ressemble furieusement à Delphine de Vigan. En plus, c’est marqué sur la couverture : D’Après une histoire vraie. Elle a deux enfants, son homme s’appelle François, un homme qui lit beaucoup de livres pour son travail…Et puis Delphine… Enfin, la narratrice… va rencontrer une autre femme, mystérieusement appelée L dans tout le livre, qui va envahir insidieusement l’existence de Delphine… Enfin, de la narratrice… C’est l’histoire d’une emprise, d’une femme qui choisit une auteure célèbre vulnérable et en route vers la dépression pour prendre possession d’elle. Y parviendra-t-elle… ?

 

Des détails

Alors, qu’est-ce qu’elle lui dit, cette L ? « Les lecteurs, tu peux me croire, attendent autre chose de la littérature et ils ont bien raison : ils attendent du Vrai, de l’authentique, ils veulent qu’on leur raconte la vie, tu comprends ? » Donc, c’est bien autobiographique, ce qu’elle nous raconte la narratrice… Enfin, Delphine… Et L va revenir à la charge fermement : « Pourquoi crois-tu que les lecteurs et les critiques se posent la question de l’autobiographie dans l’œuvre littéraire ? Parce que c’est aujourd’hui sa seule raison d’être : rendre compte du réel, dire la vérité. » C’est donc bien vrai tout ce qui est nous relaté ici. Mais d’où vient alors que plus Delphine… Enfin, la narratrice… multiplie les détails vraisemblables, plus le lecteur se demande s’il n’est pas ostensiblement emmené en bateau, au large… Jusqu’au moment où Delphine… Enfin, la narratrice… va attaquer le fond de cale à la hache, comme une perdue. Il est trop tard. L’eau a envahi la coque. On croyait qu’elle engloutirait Delphine… Enfin… Mais en fait, c’est le petit lecteur qui est emporté vers le fond.

 

Et Delphine… Enfin, la narratrice… continue son histoire, en rajoute sur les détails. Tout concorde. Comme des empreintes dans un épisode des Experts. Et pourtant… Mais alors, c’est qui, cette jeune fille qui change de coiffure sur la couverture ? Et finalement, Rien ne s’oppose à la nuit, c’est vrai ou pas ? Voilà que l’on doute de tout. C’est Delphine de Hitchcock. Avec un peu de chance, la mer aura ramené le lecteur sur le rivage, hagard, le cheveu plaqué…Et avant de s’effondrer à nouveau, sur la dernière page, en attendant les secours, il dira : Mais comment fait-elle, Delph… ? Enfin…

 

  • Vendredi 4 décembre à 18 heures à La Galerne au Havre. Entrée libre
  • Samedi 5 Décembre à 15h30 à l’Armitière à Rouen. Entrée libre.