Åland est son premier long métrage. Thomas Germaine, comédien et réalisateur rouennais, raconte un drame familial dans un décor de rêve qu’il présente samedi 2 mars au cinéma Kinépolis à Rouen lors du festival de cinéma À L’Est.

Au départ, il y a eu un coup de foudre. Un véritable coup de foudre pour Åland, un archipel, entre la Suède et la Finlande, avec « des paysages d’une grande tranquillité. Ce sont de véritables cartes postales avec les forêts, la mer, les petites maisons et aussi des couleurs magnifiques. Les nuits y sont incroyables ». Entre Une Minute encore, un solo écrit à partir de l’œuvre de Charlotte Delbo et Henry VI avec La Piccola Familia, Thomas Germaine est parti tourner une adaptation de Madame Bovary sur une des îles d’Åland. 

Pour le comédien rouennais, Åland n’est pas seulement un havre de paix mais aussi un lieu propice à la réflexion. Plongé dans le drame de Charlotte Delbo, déportée à Auschwitz, et l’odyssée de Shakespeare, Thomas Germaine s’interroge sur « la barbarie ou la folie humaine. J’étais dans un cadre idéal. Je me suis alors demandé ce qu’il pouvait se passer si un crime était commis. Cela m’a amené à poser la question de la frontière mentale ». 

Il écrit avec Julie Lerat-Gersant le scénario de Åland, « un titre idéal pour évoquer une histoire mystérieuse ». Projeté lors du festival À L’Est samedi 2 mars au Kinépolis à Rouen, le film raconte l’histoire d’un père de famille qui assassine son épouse et son enfant avant de fuir et suit « le trajet physique et mental de cet homme. Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’une personne après avoir commis l’irréparable ? Comment est-ce possible de revenir à la raison après un tel acte, après avoir connu la barbarie ? Et s’il est possible de revenir à la raison, qu’est-ce qui a pu se perdre dans les méandres de l’être humain ? ».

En plans séquences

Assisté de Guillaume Germaine, le comédien a tourné et également interprété ce rôle de père aux côtés de Marja Skaffari et Gaspard Martin Laprade. Son envie ? Seulement des plans séquences pour « suivre en direct cet homme. Je viens du théâtre. C’est donc le vivant qui m’intéresse ». Mais là, pas de dialogue. « Je ne voulais pas que les choix de ce père soient expliqués. Je préférais qu’ils soient ressentis ». La musique de Clément Mirguet, « c’est le texte ».

Avec Åland, soutenu par Amélie de Chassey et Pierre Kubel, Thomas Germaine signe son premier film. « Je ne pouvais pas monter cette histoire au théâtre. J’avais trop besoin de la force des paysages ». Åland a été tourné durant l’été 2017, pendant cinq jours seulement avec « deux prises par jour et dans de bonnes conditions. Ce fut une belle aventure. L’écriture a continué pendant le tournage. Tout le monde est auteur de quelque chose ». 

Pour Thomas Germaine, en tant que scénariste et réalisateur, le cinéma, ce n’est pas terminé. Il a écrit un court-métrage, Les Heures blanches, qu’il tournera en février 2020 à Montréal, et a entamé le travail d’un deuxième long métrage.

Infos pratiques

  • Projection de Åland samedi 2 mars à 14 heures au cinéma Kinépolis à Rouen.