Une exploration poétique des espaces urbains

photo : Stéphane Klein

Proposé par la compagnie Paon dans le ciment, Hune explore le rapport intime et collectif entretenu avec les marches. C’est une danse urbaine acrobatique à découvrir samedi 27 juillet à Rouen durant le festival Jours de Fête.

Hune s’inspire du quotidien de jeunes qui passent leurs journées dans les escaliers d’immeubles. Ces marches deviennent tour à tour lieux de discussion, salles à manger, studios de musique ou de danse. La vie y bouillonne, révélant la poésie brute et viscérale des espaces urbains. Le spectacle de la compagnie Paon dans le ciment, porté par l’élégance des corps et l’énergie du mouvement, offre un regard tendre et humoristique sur l’absurdité du quotidien.

Deux ombres s’agitent au loin, se rapprochent et deviennent corps. Soudain, elles semblent avoir toujours été là, déposées au milieu de cet escalier. Figures de l’abandon, elles incarnent ceux qui ont lâché prise, trouvant refuge dans cet espace le moins hostile à leur présence. À travers elles, les escaliers des villes et des vies revivent, un à un. Ces moments volés créent des bulles de tendresse et de détresse, où les personnalités s’entrecroisent et s’emmêlent. Hune se présente comme une comptine, une ode aux vies qu’il est possible de vivre, aux espaces à occuper.

Les deux interprètes principaux, Tom Verschueren et Mattia Maggi insufflent vie à ces espaces transitoires. Le premier, formé au théâtre et à la danse hip-hop, co-met en scène et interprète Hune. Après une formation en mime en Italie et en France, le second contribue également à l’écriture du spectacle. Ensemble, ils réhabilitent l’escalier comme lieu de rencontre et d’échange, où les vies auraient pu être différentes si l’on avait pris le temps de s’arrêter.

Une dimension humaine

Julien Martin, metteur en scène, explique : « D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai pas toujours été à l’aise avec les escaliers. Ils nécessitent courage et vigilance. Ils sont aussi le lieu de l’attente, de l’errance, des moments volés formant des bulles de tendresse et de détresse. Quand décide-t-on que l’on peut passer de l’enfance à l’âge adulte sans aller forcément de l’avant ? Marcher en crabe, ne pas monter ou descendre les marches c’est peut-être la meilleure manière de se rencontrer, de se parler. Hune nous crie doucement de ne pas grimper les marches quatre à quatre, au risque de se perdre. Hune c’est surtout l’envie d’être ensemble parce que c’est toujours mieux comme ça.”

Composée de neuf garçons et une fille, tous trentenaires et installés dans le Périgord, la compagnie se distingue par une approche pluridisciplinaire mêlant théâtre, danse, acrobatie, musique et chant. Fondée en 2014, elle défend une écriture collective et pluridisciplinaire. Chaque spectacle est le fruit d’une collaboration intense, où chaque artiste apporte ses idées, créant ainsi une unité dramaturgique riche et variée.

Hune est une promesse de spectacle poignant et poétique, redonnant à l’espace urbain toute sa dimension humaine. À travers la danse et le théâtre, Tom Verschueren et Mattia Maggi invitent à une réflexion sur les choix de vie, le rapport au progrès, et la possibilité de trouver la beauté et le sens dans les moments et les lieux les plus inattendus.

Infos pratiques

  • Samedi 27 juillet à 18h15 sur l’esplanade Marcel Duchamp à Rouen
  • Durée : 45 minutes
  • Spectacle gratuit
  • Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
Partager l'article