Dans 7 Jours, un film à voir mercredi 6 août au cinéma, une mère doit choisir entre sa famille et la lutte pour les droits de l’Homme. Ali Samadi Ahadi s’est inspiré de l’histoire de Narges Mohammadi, une militante iranienne, Prix Nobel de la paix en 2023.
En avril dernier dans Mexico 86, César Diaz mettait en scène Bérénice Bejo dans le rôle d’une militante révolutionnaire guatémaltèque qui devait faire un choix cornélien entre son rôle de mère et celui d’activiste. Aujourd’hui, c’est au tour de Ali Samadi Ahadi de nous émouvoir avec Myriam (Vishka Asayesh), militante pour les droits de l’Homme, emprisonnée depuis des années en Iran loin de son mari et de ses deux enfants exilés en Allemagne. Là encore, il sera question de choix : elle vient d’obtenir enfin une permission pour raisons médicales. Alors va-t-elle profiter de ces 7 Jours de liberté pour fuir le pays et retrouver sa famille ou bien rester en Iran et poursuivre la lutte ?
Pour le spectateur, la réponse arrivera assez vite, reste à savoir comment Myriam passera ces sept jours. Au scénario, Mohammad Rasoulof — le réalisateur de Un Homme intègre (2017), Le Diable n’existe pas (2020) et Les Graines du figuier sauvage (2024) —, a concocté une véritable course contre la montre qui ajoute du piment à ce dilemme tragique. De fait pour retrouver les siens, Myriam doit d’abord prendre la route, traverser des montagnes enneigées clandestinement et passer seules de l’autre côté de la frontière sans se faire repérer.
Le cinéma présente souvent des mères courages qui sacrifient tout pour leurs enfants. Il est plus rare de mettre en avant des femmes qui donnent la priorité à la lutte pour tous les opprimés. Plus de deux ans après le soulèvement Femmes, vie liberté où de jeunes Iraniennes ont été condamnées et violentées pour avoir refusé de porter le voile, il est bon de voir sur grand écran une héroïne qui témoigne de la force des femmes et de leur courage. Ali Samadi Ahadi filme ainsi Myriam affrontant tous les dangers pour quitter le pays en toute discrétion et rejoindre les siens. Son courage sera encore rudement mis à l’épreuve à l’heure où elle est censée les quitter pour retourner en prison.
Bouleversante, Vishka Asayesh porte le film sur ses épaules. Des épaules solides quand on sait que la comédienne, star dans son pays, refuse de porter hijab à l’écran depuis la mort de Mahsa Jina Amini en 2021 et est devenue cannie du cinéma iranien. 7 Jours est son premier film sans voile. Vishka et Myriam, même combat.
- 7 Jours de Ali Samadi Ahadi (Allemagne, 1 h 53) avec Vishka Asayesh, Majid Bakhtiari, Tanaz Molaei…
