Valets rebelles

Chez les bourgeois, je voudrais le père (Laurent Lafitte), la mère (Élodie Bouchez), la fille (Noée Abita) et le petit-ami (Sami Outalbali) / Chez Les Photos : Tandem

Après Gaspard va au mariage, Antony Cordier signe Classe moyenne, présenté à la Quinzaine des Cinéastes au dernier Festival de Cannes. Une comédie grinçante sur fond de lutte des classes à voir dès mercredi 24 septembre dans les cinémas. 

Pour filmer les us et coutumes de sa Classe moyenne, Antony Cordier plante son décor sous le soleil lumineux du sud de la France, dans la magnifique villa de Philippe et Laurence Trousselard (Laurent Lafitte et Élodie Bouchez) et sa dépendance, occupée par les gardiens à temps plein de la demeure, Toni et Nadine Azizi (Ramzy Bedia et Laure Calamy). Cet été-là, les Trousselard accueillent leur fille Garance (Noée Abita) et son fiancé, Mehdi (Sami Outalbali).

Chacun veut faire bonne impression auprès du jeune homme brillant issu d’un milieu très modeste. Lorsqu’un incident empoisonne les relations entre les maîtres et leurs valets, le jeune transfuge se sent apte à calmer les esprits des uns comme des autres. Malheureusement, chaque tentative de négociation se fait de plus en plus délicate, pour le plus grand plaisir du spectateur.

Une belle distribution

Tout est en place dans cette comédie de mœurs mordante, les dialogues ciselés et piquants, les situations souvent bancales mais toujours crédibles, le décor qui nous ramène en vacances, et bien sûr les acteurs : Laurent Lafitte, parfait en avocat parisien dédaigneux, arrogant, bref infecte, Élodie Bouchez, idéale en gentille Sainte-Nitouche, Ramzy Bedia qui n’en rate pas une quand il s’agit de pousser le bouchon un peu plus loin et Laure Calamy qui a le chic pour jouer les manipulatrices souriantes ce qui n’est pas sans nous rappeler son rôle de Cathy dans Un Ours dans le Jura, la récente comédie noire de Franck Dubosc.

Le spectateur assiste à une partie de ping-pong qui se transforme en jeu de massacre arbitré sans complexe par les jeunes, Sami Outalbali, Noée Abita et Mahia Zrouki — dans le rôle de la fille des Azizi — à la hauteur de leurs ainés. Classe moyenne nous rappelle que la lutte des classes a encore de beaux jours devant elle. On ne peut pas s’en réjouir, sauf lorsque l’on y voit un bon scénario pour le cinéma.

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