Pour son premier long-métrage, Sauvons Les Meubles, dans les salles de cinéma mercredi 6 mai, Catherine Cosme livre avec pudeur, l’histoire très personnelle de sa mère en situation de surendettement peu avant sa mort.
Cheffe décoratrice — elle vient d’obtenir le César des Meilleurs décors pour L’Inconnu De La Grande Arche de Stéphane Demoustier —, Catherine Cosme signe son premier long-métrage présenté aux Rencontres du Sud à Avignon. Pour Sauvons Les Meubles, elle a choisi d’aborder un sujet très personnel, délicat et douloureux : le décès de sa mère dans des conditions bien particulières. Elle met donc en scène Lucile (Vimala Pons), photographe reconnue et jeune femme indépendante, lors d’un shooting avec Benoit Hamon, l’ancien candidat socialiste à l’élection présidentielle qui défendait le revenu universel pour éviter le recours au crédit à la consommation. Un indice sur ce qui va suivre…
Car nous retrouvons peu après Lucile lorsqu’elle retourne dans la maison de son enfance pour voir sa mère (Guilaine Londez), sérieusement malade. Elle y retrouve son frère Paul (Yoann Zimmer) et sa nièce Mia (Jane Cosme van Handenhove). Les enfants constatent alors que leur père (Jean-Luc Piraux) a des problèmes de santé mentale et que leur mère est mourante. Une situation qui n’est pas forcément originale sauf que la mère dissimule une autre réalité. Depuis un certain temps, elle a tout fait pour les tenir à distance en minimisant sa maladie, tout comme l’incapacité à vivre avec son mari. Sur place, Lucile découvre que sa mère, dynamique et fière, leur a caché son surendettement. Depuis des mois, Colette utilisait tous les moyens — légaux ou non — pour survivre et rembourser ses dettes.
Une réconciliation
Catherine Cosme donne des traits de caractère différents à chacun de ses personnages : la mère, épuisée mais courageuse, reste élégante et volontaire, le père fantaisiste, demeure insouciant, et inconscient de ce qu’il se joue, la fille au regard sévère, se montre la plus investie dans sa quête de vérité, le fils apparemment moins concerné, finit par réaliser qu’il faut penser à sauver les meubles…
La réalisatrice filme également une relation mère-fille devenue difficile avec le temps et la distance qui les sépare depuis que Lucile s’est installée à Paris. Elle donne aux comédiennes Vimala Pons — plus sombre que jamais —, et Guilaine Londez, toujours parfaite, une magnifique scène de réconciliation qu’on aimerait tous et toutes vivre avant qu’un parent nous quitte définitivement. Reste l’amour qui unit cette famille : ils seront tous là pour accompagner Colette et donner une fin lumineuse à cette histoire douloureuse.
- Sauvons Les Meubles de Catherine Cosme (France/Belgique/Suisse, 1h26) avec Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez…
