Cent ans après une épidémie

photo : Arthur Crestani

L’Injustice des rêves est une pièce de théâtre d’anticipation, écrite à partir des textes de Sénèque. La compagnie Salut Martine fait un grand saut dans le temps pour emmener jusqu’en 2200 dans une société qui se remémore un épisode épidémique cent ans auparavant. La pièce se joue du 19 au 23 octobre au CDN de Normandie Rouen.

Ils sont quatre, deux frères, Bertrand et Christophe, avec leurs épouses, Michèle et Sarah. Ils ont vécu une grande peste en 2100 et leurs corps sont retrouvés cent ans plus tard dans un lieu souterrain où ils s’étaient réfugiés. Un artiste-chercheur tente de percevoir leurs rêves grâce à une intelligence artificielle. C’est l’histoire de L’injustice des rêves, un huis clos et une fiction d’anticipation jouée par la compagnie Salut Martine du 19 au 23 octobre au CDN de Normandie Rouen.

Pour écrire cette pièce, Vincent Menjou-Cortès a pioché dans les écrits de Sénèque. « Je connaissais seulement ses traités philosophiques. Son théâtre a été une découverte. Sa langue est de la matière brute avec une grande force. Il n’y a pas de morale mais quelque chose de très naïf, donc très accessible. Sénèque parle du pouvoir, de l’amour, de la nature. Ses textes ne sont jamais des tribunes mais ils permettent d’agiter nos consciences, nos réflexions. Ils provoquent et remuent ».

Un théâtre de demain

Le metteur en scène, avec les comédiennes et comédiens, Aymeline Alix, Grégoire Baujat, Geoffroy Rondeau et Amélie Porteu de la Morandière ont commencé par un travail de laboratoire. « Sénèque est venu en soutien. Il s’est imposé. Peut-être avions-nous besoin de sa poésie pour traverser ce l’on vivait au quotidien ». L’injustice des rêves est un collage des neuf tragédies du philosophe et dramaturge, surtout de Médée, Thyeste, Phèdre et Hercule furieux. « Tous les films d’anticipation se nourrissent du passé. On va chercher dans l’histoire ce qui nous attend dans quelques siècles ».

Avec L’injustice des rêves, Vincent Menjou-Cortès souhaite « questionner le théâtre, ses nouvelles formes. Que sera le théâtre de demain ? Quelle place aura-t-il ? Que seront les esthétiques et les narrations ? ». Il s’interroge également sur sa fonction. « À l’époque de Sénèque, le théâtre de divertissement était à un même niveau que les jeux romains. Aussi cruels étaient-ils, on y venait pour se divertir. Ce plaisir de l’horreur change beaucoup de choses. On allait voir une pièce encore plus horrible que ce que pouvait être la vie au quotidien. C’est comme pour les films d’horreur. On y va pour se faire peur et ressentir des émotions fortes ».

Les quatre comédiennes et comédiens se retrouvent ainsi dans une grande boîte blanche froide baignée de lumière et de musique electro d’AIR LQD pour créer un climat artificiel et futuriste.

Infos pratiques

  • Mardi 19, mercredi 20, jeudi 21 et vendredi 22 octobre à 20 heures, samedi 23 octobre à 18 heures au théâtre des Deux-Rives à Rouen
  • Durée : 1h45
  • Spectacle à partir de 14 ans
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du mercredi 20 octobre
  • Tarifs : 20 €, 15 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • photo : Arthur Crestani

Relikto et le CDN vous font gagner des places

  • Gagnez vos places pour la représentation de L’Injustice des rêves le samedi 23 octobre au Théâtre des Deux-Rives à Rouen
  • Pour participer, envoyez un message à relikto.contact@gmail.com
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