Jusqu’à la transe avec Lo’Jo

photo : Christophe Martin

Depuis presque quarante ans, Lo’Jo dépeint des mondes intimes et des grands espaces. Le 16e album, Transe de papier, s’inscrit dans cette continuité avec cette musique empreinte de nombreux voyages. Le groupe de Denis Péan sera vendredi 4 février au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Denis Péan se définit comme « un héritier ». Celui qui a recueilli au fil de ses nombreux voyages une multitude de sonorités européennes, africaines, indiennes, orientales. Pour les recevoir, « il faut avoir une certaine attention, être éveillé. J’ai une curiosité pour toutes les musiques. Et cette diversité m’importe. Je suis en effet curieux de tout et je me désole de l’uniformisation, du conformisme. Cela m’affecte. Il faut aller chercher les nuances, les subtilités des choses ».

Toutes ces musiques sont là et bien ancrées en lui. Elles enrichissent sans cesse le parcours riche de ce musicien, poète et voyageur. « J’ai l’impression que toutes ces musiques sont en moi ». Pour aller jusqu’à la transe ? « Éventuellement. C’est un aspect des possibles. Le musique permet l’extase. Le sentiment le plus fort que j’ai ressenti fut avec la musique de guérison. On peut être habité par des forces ».

À chaque album de Lo’Jo, Denis Péan donne à ces musiques une forme, un parfum pour porter des souvenirs, des sentiments, des espoirs, des échos et aussi des colères. Même s’il récuse ce dernier. « J’ai voulu éliminer la colère parce qu’elle ne m’a jamais servi. J’ai été un jeune homme en colère. Il reste néanmoins quelque chose de cette colère. Je garde une indignation Quand on est en colère, quelque chose se loge dans l’irrationnel. Or nous sommes des êtres cartésiens et nous pouvons avoir accès à des choses plus précieuses et plus universelles. Je m’intéresse aux discours politiques mais je préfère aller vers d’autres chemins avec le langage poétique. C’est une autre invention du monde ».

Il y a tout cela dans ce nouvel album, le 16e de Lo’Jo, Transe de papier, écrit après « un déracinement ». Lo’Jo avait construit son havre dans une maison communautaire à La Fontaine du Mont, non loin d’Angers, « un lieu qui nous tenait à cœur ». Un lieu qui accueillait les enfants des écoles, les musiciens du monde entier… « C’était un projet citoyen, un lieu d’éducation et d’émancipation où nous défendions des valeurs qui nous semblent toujours vitales ». De cette expérience, on en ressort « Pas pareil », le titre d’une des chansons de Transe de papier. Comme d’un concert de Lo’Jo.

Infos pratiques

  • Vendredi 4 février à 20h30 au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Durée : 1h30
  • Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr
  • photo : Christophe Martin
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