Le festival À L’Est donne à voir des approches de l’histoire, des problématiques contemporaines et des questions universelles. Un événement riche, dédié au cinéma d’Europe centrale et orientale et à l’Amérique du Sud, avec une programmation inédite qui est à découvrir à Rouen du 12 au 17 mars.
C’est un festival à la dimension européenne. Une dimension indispensable sur un continent où certains menacent les libertés fondamentales. C’est À L’Est qu’il faudra regarder à Rouen du 12 au 17 mars le temps du festival du cinéma d’Europe centrale et orientale pour questionner des sujets historiques, sociaux et culturels. Premier regard vers l’Ukraine pour l’ouverture d’À L’Est avec le film d’Ivan Ostrochovsky et Pavol Pekarcik, Photophobia. Le scénario : à Kharkiv, Niki, 12 ans, et sa famille n’ont plus d’autres choix que de se réfugier dans le métro pour tenter d’échapper aux bombes russes. Lors de ses promenades le long des voies, le garçon croise Vika, 11 ans. Une autre vie commence pour lui.
En compétition
Vers l’Est toujours avec une première compétition officielle et ses films venant de Bulgarie, de Hongrie, du Kosovo, de Slovaquie et de Pologne. Sky Dome 2123 est un long métrage d’animation de science-fiction sur le changement climatique en 2123. Dans Une Autre Vie que la mienne, Małgorzata Szumowska et Michał Englert mettent en parallèle l’histoire de la Pologne et celle d’Adam souhaitant devenir une femme. Stephan Komandarev signe « un film crépusculaire » avec Les Leçons de Blaga où une femme met de côté la morale après s’être fait voler l’argent économisé pour l’achat de la tombe de son mari.
Le festival emmène aussi « D’Est en ouest » lors d’une seconde compétition. Là encore des films de cinéastes du Pérou, de Colombie, d’Argentine et du Mexique, présentés en avant-première. Diógenes de Leonardo Barbuy La Torre raconte comment la population andine a souffert des actes du sentier lumineux et des soldats péruviens. Heroico de David Zonana, « un Full Metal Jackett mexicain », revient sur la maltraitance dans l’armée. « En Amérique du Sud, le cinéma est plus dur, plus fort, moins conventionnel. Il y a un autre rapport à la réalité. Les artistes s’emparent du thème de la mémoire parce qu’elle a été niée pendant très longtemps. Au Pérou, par exemple, il a fallu attendre des années pour avoir une commission de la vérité sur les exactions commises par les guérilleros. Cette mémoire est très importante dans ces démocraties fragiles », rappelle David Duponchel, directeur artistique du festival.
Deux « Fokus »
Le festival À L’Est accueille Želimir Žilnik, réalisateur serbe qui a fait partie de la Nouvelle vague yougoslave, nommée Black Wave. « C’est un cinéaste de la mémoire », selon David Duponchel. Durant ces cinquante dernières années, Želimir Žilnik n’a cessé de dénoncer les violences politiques, les pouvoirs autoritaires, les nationalismes… Destination Serbistan est une série de portraits de demandeurs d’asile africains. Dans Black Film, il partage ses rencontres avec des personnes sans abri. Early Works réunit quatre personnes tentant d’éveiller les consciences avec les théories de Marx.
Enfin, le festival rend un hommage à Milan Kundera, disparu en juillet 2023. Le dissident, romancier, essayiste et dramaturge, né dans l’ancienne Tchécoslovaquie, a fui son pays pour la France. « Il a su scruter l’âme humaine face à l’histoire ; Il y a quelque chose de profond dans son œuvre. C’est aussi l’occasion de s’intéresser à la manière dont on passe des mots aux images et adapte de tels écrits », indique David Duponchel. À voir ou à revoir Moi, Dieu impitoyable d’Antonin Kachlík où les personnages ont chacun leur point de vue sur une réalité et La Plaisanterie de Jaromi Jires sur la façon de s’approprier l’Histoire.
Infos pratiques
- Du 12 au 17 mars au cinéma Omnia et à l’auditorium du musée des Beaux-Arts à Rouen
- Programme complet en ligne
- Aller au cinéma en transport en commun avec le réseau Astuce
