Les enfants de la crise grecque

Une bande d’amis qui va changer la vie de Chloé (Daphne Patakia) /  Photo : Condor Distribution

Palme d’or du court-métrage à Cannes en 2019 pour La Distance entre nous, le réalisateur grec Vasilis Kekatos revient mercredi 8 octobre avec un long-métrage, Nos Jours sauvages, et filme une bande de copains sillonnant le pays. 

Alors que dans Météors, Hubert Charuel et Claude Le Pape filment deux amis quasi inséparables, Vasilis Kekatos s’intéresse à l’amitié en bande. L’héroïne de Nos Jours sauvages est en rupture avec sa famille et rejoint un groupe de jeunes itinérants. Pour Chloé, 20 ans, c’est la grande aventure, la liberté, l’ivresse. A bord d’un van, ils sillonnent ensemble la Grèce des oubliés et viennent en aide aux plus démunis. Le tableau de cette jeunesse généreuse et altruiste s’altère au fur et à mesure que Chloé découvre leurs petites combines pas toujours légales… 

Vasilis Kekatos filme joliment une Chloé (magnifique Daphne Patakia), épanouie, radieuse mais encore à fleur de peau, qui expérimente une nouvelle vie, plus libre, plus intense, plus insouciante. On comprend son enthousiasme, on y adhère totalement, d’autant qu’elle ramènera sûrement certains spectateurs à leur propre jeunesse. 

Dans Nos Jours sauvages, Vasilis Kekatos rappelle les années difficiles par lesquelles son pays est passé et qui ont marqué toute une génération. Ce roadmovie, symbole de nouveau départ pour Chloé, va au-delà des beaux paysages traversés, loin des lieux touristiques habituels. Ses personnages — qui peuvent sembler un brin naïfs — sont des enfants de la crise grecque. En allant à la rencontre des autres, ils semblent tous vouloir fuir un système qui a plongé leur pays dans la faillite et tentent de vivre autre chose, autrement. 

Les acteurs ayant participé à l’élaboration de leur personnage se montrent plus vrais que nature. Quant à la jeune Daphne Patakia, révélée dans le rôle d’Angelica dans le Benedetta de Paul Verhoeven, elle crève l’écran. 

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