Louis XIV et Cyrano, même combat

D’Artagan (Franck Dubosc) confie l’enfant roi à son ami Cyrano (Artus) / Photo : Michael Crotto

Dans Les Caprices de l’enfant roi, un film au cinéma mercredi 24 juin, Michel Leclerc s’amuse à réunir dans un même scénario quelques acteurs de l’histoire de France :  Louis XIV, Anne d’Autriche, D’Artagnan, Molière, Madeleine Béjart… et même Cyrano de Bergerac.

Après Les Trois Mousquetaires — D’Artagnan puis Milady — de Martin Bourboulon, après Le Comte de Monte-Cristo de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière, voici un nouveau film de cape et d’épée, Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc. Cependant, avec le réalisateur du Nom des gens, La Lutte des classes, Télé gaucho, Le Mélange des genres, le spectateur s’attend sûrement à autre chose qu’un simple film d’aventures épiques, et il ne sera pas déçu. 

De fait, Michel Leclerc et sa co-scénariste Baya Kasmi ne se contentent pas de nous ramener dans la France de 1651 quand la Fronde gronde sur Paris. Non, ils imaginent Anne d’Autriche (Doria Tillier) demandant au vieux mais légendaire D’Artagnan (Franck Dubosc) de mettre son fils Louis (Niel Hamel Brochen) — pas encore le quatorzième — à l’abri. Et comme leur imagination est florissante, voilà que le célèbre mousquetaire confie l’ado à un certain Cyrano de Bergerac (Artus). Mieux encore, ces deux-là vont partir en tournée avec la troupe théâtrale de Molière (Nemo Schiffman) et Madeleine Béjart (Julia Piaton). Quoi de mieux que de faire du théâtre pour cacher sa vraie personnalité.

Des histoires d’amour

Michel Leclerc revisite à sa manière une page d’histoire de France et la fameuse pièce d’Edmond Rostand avec quelques scènes fortes comme celle où Cyrano souffle des mots d’amour à Molière, des mots qu’il aimerait prononcer lui-même à l’élue de son cœur. Car bien entendu, le film est traversé par l’amour, celui que découvrent Madeleine et Cyrano pour le charmant et talentueux Molière. Pendant ce temps-là, Louis, l’enfant gâté, découvre la vie hors des jupes de sa mère protectrice : l’amitié, l’amour, le courage, le travail, l’entraide, l’art… Tout ce qui fait que Louis XIV rayonnera et deviendra le Roi Soleil.    

Les acteurs s’en donnent à cœur joie : le Normand Franck Dubosc fait un D’Artagnan parfaitement ringard, Artus joue la corde sensible pour Cyrano et Julia Piaton rayonne en Madeleine Béjart. Coup de chapeau au jeune Niel Hamel Brochen qui incarne non pas un, mais deux Louis, sa mère ayant trouvé un sosie pour se faire assassiner en cas de besoin… Car Michel Leclerc ne peut s’empêcher de dénoncer le mépris de classe et balancer quelques répliques qui font écho à l’actualité comme quand Madeleine  s’adressant à Louis en train de tomber amoureux d’elle, déclare  : « On n’a jamais vu un petit roi épouser sa prof de français de 20 ans plus que lui… »,  ou en évoquant le grand remplacement pour parler de l’échange entre le dauphin et son sosie. 

Michel Leclerc prévient le spectateur dès le début du film : il nous raconte une histoire vraie… sauf pour les historiens. Quoi qu’il en soit, Les Caprices de l’enfant roi associe légèreté, fantaisie, humour et poésie, alors pourquoi bouder son plaisir ?

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