Il est l’un des premiers turntablists de la région et aussi l’un des plus doués. Aeon Seven, moitié de Christine, réussit des mixes electro hip-hop funky. Juste avant Nu-Mark et SlimKids 3, il joue jeudi 22 janvier au 106 à Rouen.

 

Aeon Seven 1Aeon Seven fait partie de ces garçons qui prennent un malin plaisir à détourner les objets de leur fonction première. Avec son skate, il a toujours préféré descendre les rambardes d’escalier plutôt que réaliser des figures dans un skatepark. Sa guitare, il adore lorsqu’elle est désaccordée pour jouer un rock non conventionnel à la Sonic Youth. Quand il a acheté sa première platine, Aeon Seven l’a utilisée certes pour écouter ses disques mais surtout pour commencer à scratcher. « C’est un truc d’extraterrestre. Je pouvais passer des heures à scratcher. C’était un exutoire ».

 

Aeon Seven est dj et producteur rouennais. Autodidacte, il est passé du skate aux platines. « Lorsque je faisais du skate, je regardais des vidéos. Il y avait toujours des musiques qui illustraient des figures. Cela m’a conduit à un rock expérimental, à cette culture underground américaine ».

 

Gourmand, Aeon Seven savoure tous les genres, notamment quelques vieilleries des sixties et seventies. « Cela procure des émotions uniques ». Il devient le roi du crate-digging. « J’ai découvert des titres que je n’aurais jamais écoutés. Comme du funk, du jazz, de la soul, du rock psychédélique. C’est un peu la machine à remonter le temps ».

 

En 1996, c’est la révélation. Il écoute Dj Shadow par hasard. « Il a révolutionné le sampling. Sa musique n’est pas un patchwork ou une mosaïque mais un vrai morceau ». Stéphane qui évolue alors dans un groupe de rock ressent l’envie d’un « coup de frais, de soleil ».

 

A un moment où déferle la grosse vague house, techno avec des rythmes hypnotiques, Aeon Seven préfère l’autre école « plus funk, plus rap, plus groovy. Je voulais quelque chose de plus mélodieux ». Il se distingue aussi par sa précision, le soin apporté à des mixes survitaminés. Pour Aeon Seven, mixer, c’est « faire du nouveau avec du vieux ». Le plus difficile reste de « prendre un disque et de l’associer à un autre. La performance d’un dj est d’en faire un seul morceau ».

 

En 2007, Aeon Seven rencontre Kunst Throw. Deux artistes avec deux démarches et deux parcours différents qui forment Christine. Le duo qui s’inscrit dans un univers cinématographique compose des créations electro-rock originales et explosives. On attend la suite avec impatience.

 

 

  • Jeudi 22 janvier à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 11 à 3 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • pour écouter, c’est ici