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Cinéma au Havre : la vie dans la « Tour-Réservoir »

par | 12 septembre 2016 | Cinéma

tourreservoirEn février 2015 s’ouvrait le laboratoire de fabrication de la série dans l’ancienne laverie collective de la tour réservoir au Havre. Invité par le Volcan, le collectif LFKs entamait ainsi l’écriture de la web-série Tour-Réservoir, puis le tournage avec un groupe d’habitants du quartier de Caucriauville. Même si les hommes ne sont pas oubliés, ce sont les femmes, le plus souvent des mères célibataires, qui tiennent une large place dans ce projet. Le groupe avec le collectif LFKs a écrit des chroniques de vie de quartier. L’originalité de Tour-Réservoir : elle est une série « générative » permettant au spectateur d’effectuer son montage et d’imaginer son histoire. Tour-Réservoir sera en ligne jeudi 15 septembre. Entretien avec Jean-Michel Bruyère du collectif LFKs.

 

 

Vous connaissez Le Havre depuis quelques années. Pourquoi aimez-vous cette ville ?

J’aime la ville. Deux choses notamment me plaisent beaucoup. D’abord, sa lumière. Elle est profonde et blanche – un bonheur pour des fabricants d’image comme nous. Ensuite, d’un quartier à l’autre, les contrastes sont très forts, très riches, chaque quartier semble être comme le morceau d’une autre ville et tous, pourtant, participent bien d’une identité unique et cohérente. C’est une étrangeté.

 

Quel regard portez-vous sur cette ville aujourd’hui ?

Quant à son évolution dans le temps, je ne suis pas capable d’en juger. Je connais Le Havre depuis longtemps, mais je n’y étais jamais resté aussi longtemps par le passé que je le fais à présent. L’absence des repères architecturaux habituels et toujours lourds de la tradition bourgeoise française des centres-villes a un effet libérateur et promoteur. Au Havre, le futur semble ouvert, il n’est pas déjà joué dans une ville où les jeux sont faits depuis longtemps, il n’est pas gravé dans la masse compacte des vieilles pierres. Au Havre, ce qui fait patrimoine n’a que quelques décennies et cela a pour effet de laisser encore ouvertes toutes les perspectives.

 

Vous travaillez dans les quartiers depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui vous a amené à mener un travail dans ces espaces ?

Nous ne travaillons pas “dans les quartiers”, nous travaillons dans des “quartiers de grands ensembles”. Habiter des villes, les humains le font depuis des millénaires, ils disposent donc pour cela d’une culture, d’une expérience immense, un grand savoir-faire. Mais les quartiers de grands ensembles sont une réalité vieille seulement de quelques décennies, ils composent une toute autre ville, une ville toute autre, encore inconnue à l’échelle historique, ils sont de la ville à la pratique de laquelle les repères humains anciens sont invalides. On ne sait pas encore habiter ces espaces urbains si particuliers. On ne sait même toujours pas qui doit ou qui veut y habiter. Le moment du choix d’habiter là n’est pas encore venu. Mais il viendra, et il viendra plus vite si nous sommes nombreux à le vouloir. Il faut consentir un effort collectif supplémentaire et particulier. C’est l’effort que nous avons choisi d’accompagner. Nous ajoutons notre force. De la même manière qu’il faut être nombreux pour pousser au mouvement le moteur d’un véhicule de transport en commun dont le démarreur est en panne.

 

A-t-il été difficile de convaincre les habitants de participer à ce projet ?

Nous nous sommes convaincus ensemble, c’est ce qu’il faut bien comprendre dans une coopération : il n’y ni pasteur ni troupeau. Personne ne rassemble, personne ne conduit, personne ni ne suit ni ne s’égare. Les choses ont lieu parce qu’elles arrivent.

 

Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience au Havre ?

Il est trop tôt pour le dire, le travail n’est qu’à sa moitié et je ne doute pas que nous allons vivre encore d’autres choses toutes aussi fortes que celles déjà vécues.

 

Quels sont vos prochains projets ?

Divers projets de films et de spectacles à travers le monde. Mais pour l’instant, nous restons concentrés sur Le Havre et notre coopération à Caucriauville.

 

  • Jeudi 15 septembre à 21 heures au Volcan au Havre. Entrée libre. Réservation sur www.positiveeconomy.com
  • After avec dj Nebraska

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