photo Andrew Brooks

photo Andrew Brooks

C’est un moment très attendu tant les premiers deux albums, Contour Lines et Violet, ont été de belles surprises et procuré de fortes émotions. Shield Patterns, duo de Manchester formé par Claire Brentnall et Richard Knox, joue mardi 17 mars au Rêve de l’escalier à Rouen. Shield Patterns, c’est une pop délicieusement sombre, délicate, profonde, voire hypnotique. S’ajoute une vraie grâce dans la voix de Claire Brenthall. Pour en profiter pleinement, il suffit de s’asseoir, de fermer les yeux et d’écouter. On ne pense plus à rien avec Shield Patterns. On est juste bercé. Entretien avec Richard Knox.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire de la musique ensemble ?

La première fois que j’ai vu Claire, c’était lors d’un concert de Shiled Patterns à Manchester. Elle était seule sur scène. La musique qu’elle jouait m’a beaucoup intéressé. Je suis allé la rencontrer après le concert pour parler un peu avec elle et me renseigner un peu plus sur son projet artistique. Nous nous sommes revus quelques semaines plus tard et nous avons abordé ce point : travailler ensemble et m’intégrer à Gizeh records. Ce fut très naturel.

 

Comment travaillez-vous tous les deux ?

Nous travaillons presque toujours séparément et dans l’isolement. Shield Patterns n’est pas un projet musical dans lequel nous pouvons nous retrouver ensemble dans une pièce et sortir des idées. En règle générale, Claire commence par écrire la base d’une chanson, la mélodie et la structure. Je vois ensuite comment je peux intervenir. C’est le plus souvent dans le rythme, dans le son ou sur une petite section du morceau. Je soumets cela à Claire qui termine le titre. Ce n’est pas un procédé courant mais une manière intéressante de travailler qui nous va parfaitement bien à tous les deux.

 

Est-ce que vous avez aussi travaillé de la même manière sur Contour Lines et Violet ?

En partie, oui. La principale différence est que, sur Contour Lines, nous avons travaillez l’étape ultime de l’enregistrement dans un cottage dans le pays de Galles afin de nous échapper de notre environnement quotidien. Violet a été écrit dans notre home studio du début jusqu’à la fin. Pourtant, le processus d’écriture a été similaire en terme de création.

 

Pourquoi ce choix d’enregistre un EP après un premier album ?

C’était comme une évidence. L’album a été très bien accueilli. Ce que nous n’avions pas vraiment anticipé. Nous avons profité de cet élan inspirant pour continuer à écrire. Claire est très prolifique. Elle écrit des chansons tout le temps. Nous avons ainsi régulièrement de nouveaux titres. D’autre part, nous devions travailler pour cette grande tournée européenne. Donc avoir un nouvel enregistrement faisait sens pour nous.

 

Le son sur Violet est plus épuré que sur Contour Lines. Pourquoi ?

Cela n’a jamais vraiment été notre intention. Cela s’est imposé lorsque les chansons se sont construites. C’est toujours une somme de détails cachés dans les chansons mais la production est un peu plus sombre et peut-être un petit peu plus froide. C’est une progression naturelle après Contour Lines. Nous avons exploré des ambiances plus légères, plus austères. Cette voie différente que nous avons prise se ressent en effet dans les chansons. Cette fois, nous sommes arrivés à ce mélange et nous avons pu prendre plusieurs chemins. Parfois, les chansons nous menaient où nous voulions aller. D’autres fois, elles nous emmenaient vers d’autres chemins et nous essayions de nouvelles choses.

 

Comment avez-vous préparé cette tournée ?

Shield Patterns, c’est vraiment le Do it yourself. Nous préparons notre propre tournée, nous sommes notre propre manager et nous avons notre label. Nous préférons faire de cette manière. J’ai fait de la musique et tourné pendant plusieurs années. Maintenant, j’ai un ensemble de bons contacts que je peux appeler. Par ailleurs, nous avons d’autres intérêts que les tourneurs. C’est donc excitant pour nous d’être capable de venir dans des endroits pour la première fois et de jouer devant un nouveau public.