photo Sebastiano Piattini

photo Sebastiano Piattini

Peter Kernel, c’est Aris Bassetti et Barbara Lehnhoff. L’histoire du duo commence avec la composition de la bande son de Like A Giant in a towel, un film expérimental de Barbara. Pendant dix ans, les deux musiciens ont construit un univers singulier et personnel, inclassable. Après le Tetris au Havre, Peter Kernel tricote des sons et des rythmes pour obtenir un post-rock ou un math-rock mouvants est en concert mardi 7 avril au 106 à Rouen. Avec Thrill Addict, le troisième album, Peter Kernel impose à nouveau des ambiances mystérieuses et magnétiques. Interview avec Aris Bassetti.

 

 

 

Quelles étaient vos envies musicales pour ce troisième album ?

Délibérément, nous voulions faire évoluer notre musique, explorer de nouveaux sons et expérimenter l’écriture de mélodies pop. Mais, inconsciemment, nous avions envie de composer la musique que nous aimerions entendre le matin, l’après-midi et la nuit. Que nous soyons tristes, gais ou en colère. Nous avons essayé d’écrire un album qui pouvait exprimer une large palette d’états émotionnels.

 

Pourquoi cet album est-il davantage introspectif ?

Peut-être parce que nous avons écrit pendant des moments très intimes. Nous étions ensemble, Barbara et moi, dans les chambres d’hôtel, dans le camion, dans une petite maison construite en haut de la montage, avec juste des instruments acoustiques.

 

Etes-vous dépendant de la musique ?

Pas vraiment, je pense. Certes, nous écoutons beaucoup de musiques mais nous écoutons souvent n’importe quelle musique. Seulement parce que je suis effrayé par le silence total dû à un acouphène. Quand nous sommes dans la maison ou dans le camion, nous mettons en boucle une musique contemplative pendant des heures. Cependant, nous aimons beaucoup être bercés par le ronronnement du moteur du camion. La chose la plus importante pour moi est de n’être jamais dans le silence. Alors que Barbara adore le silence.

 

 

Est-ce que le soleil vous manque beaucoup, comme vous le suggérez dans un titre ?

Cela dépend. En fait, nous aimons le soleil l’hiver et la pluie, l’été.

 

Vous avez enregistré cet album en Italie. Comment ce pays vous a influencé dans votre travail ?

Nous aimons ce studio. A La Sauna, nous nous sentons comme chez nous. Andrea est un de nos meilleurs amis. Nous avons enregistré presque toutes nos chansons dans ce studio. La particularité : nous dormons dans la maison d’une ferme à proximité des animaux. C’est vraiment charmant. Le matin, avant d’aller au studio, nous voyons les vaches, les lamas, puis les moutons, les chats, les chiens, les poulets, les autruches, les paons et les coqs. Chaque journée commence avec cette grande dose d’animalité.

 

Thrill addict est sorti sur votre propre label. Pourquoi ? Souhaitiez-vous contrôler tout le processus de création ?

Oui, absolument. Nous voulons tout contrôler.

 

Quelle est la véritable place de l’image dans le processus de création de Peter Kernel ?

Nous considérons que les images et la vidéo sont aussi importantes que le son. Pour nous, tout cela forme un tout. Il n’y a pas de hiérarchie.

 

  • Mardi 7 avril à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 14 à 8 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Concert avec Kate Tempest