Des textes mis en espace ou en musique par des comédiennes et des comédiens, des metteuses et des metteurs en scène, des chanteurs et des chanteuses… C’est le festival des langues françaises qui se déroule du 3 au 7 mars à Rouen, Canteleu et Elbeuf avec le CDN de Normandie Rouen.

C’est incontestable. Le festival des langues françaises a été un véritable succès. Il suffisait de voir la file d’attente sur le trottoir le long du Labo Victor-Hugo avant le début de chaque rendez-vous. Sans oublier la curiosité et l’écoute attentive lors de chaque lecture. L’événement, lancé en 2019 par l’auteur Ronan Chéneau, artiste associé au CDN de Normandie Rouen, est tout simple et efficace pour  créer un moment intime, surtout pour mettre en avant et faire découvrir les écritures contemporaines en langues françaises d’autrices et auteurs de diverses nationalités. 

La première édition en appelait bien évidemment une deuxième qui se déroule du 3 au 7 mars à Rouen, à Canteleu et à Elbeuf. Les règles du jeu restent inchangées. Ronan Chéneau choisit des textes, ses coups de cœur et aussi ceux de lycéens et d’étudiants, et les confie à des metteurs et metteuses en scène qui ont deux jours pour les mettre en espace. Autre contrainte : la lecture ne doit pas durer plus de trente minutes. « Lors de cette demi-heure, il est possible de se familiariser avec une langue, un univers et une écriture. Ce format oblige aussi à faire des choix radicaux ».

Au festival des langues françaises, il y aura tout d’abord des auteurs et des autrices : Sinzo Aanza avec Que Ta Volonté soit Kin sur la réalité congolaise, Vincent Fontano avec Loin Des Hommes sur l’ambivalence sexuelle, Ulrich N’toyo avec Les Mots se coincent dans ma gorge sur la cause des femmes, Pauline Peyrade avec Carrosse sur la figure féminine, Manon Ona avec Kesta, une fable sur la différence, Pelphide Tokpo avec L’Espoir et son ombre sur l’exil non choisi, Marie-Claude Verdier avec Le Champ de bataille sur l’engagement pour l’écologie. Sept écritures dont vont s’emparer Marie-Hélène Garnier de La Dissidente, Anne-Sophie Pauchet d’Akté, Maurice Attias, professeur d’art dramatique au conservatoire de Rouen, Élise Vigier de la Comédie de Caen, Philippe Chamaux du CDN Normandie Rouen.

Et la musique aussi

Au programme également  : la mise en scène du prix RFI Théâtre, colonne vertébrale de ce festival. L’autrice libanaise, Valérie Cachard, a signé en 2019 Victoria K, Delphine Seyrig et moi ou la petite chaise jaune, une pièce dans laquelle elle revient sur le récit d’une ville détruite, Beyrouth, et de personnages féminins mystérieux. C’est Eva Doumbia, autrice, metteuse en scène et directrice du théâtre des Bains-Douches à Elbeuf, qui met en scène ce texte les 5 et 6 mars au théâtre des Deux-Rives.

Lors de cette deuxième édition, Ronan Chéneau a proposé à Destin Destinée Mbikulu Mayemba de reprendre Camp Sud de Joël Amah Ajavon, présenté l’année passée pendant le festival. Une belle occasion pour cet ancien élève du conservatoire de Rouen d’ « aller jusqu’au bout de la création ». Il retrouve ainsi Kim Verschueren dans ce duo émouvant et comique entre un Africain qui accueille chez lui une Européenne, complètement perdue.

La musique tient une place toute particulière lors du festival. « C’est aussi une écriture contemporaine. Celle-ci est mise en voix ». Mouz, Mav’ et Mohamed propose Le Komiktoire qui mêle théâtre et rap pour raconter la jeunesse africaine. La deuxième édition marque le retour de Fred Nevché qui se produira avec une chorale de 50 interprètes amateurs et amatrices lors de la soirée d’ouverture après une rencontre avec les artistes du festival et avant le dj set de Krimau.

Infos pratiques

  • Du 3 au 7 mars au Labo Victor-Hugo et au théâtre des Deux-Rives à Rouen, à la Littoralité francophone à Canteleu et au théâtre des Bains-Douches à Elbeuf
  • Programme complet sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Lectures gratuites
  • Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr