image001C’est une tournée pour le plaisir. Emily Loizeau, qui a grandi au piano classique et au théâtre, teint de couleurs intimes plusieurs titres de ses trois albums. C’est une exploration musicale qu’elle a entreprise avec Olivier Koundouno, violoncelliste fidèle, dans un contexte de musique de chambre. Il y a tout d’abord les concerts. Emily Loizeau est en duo mardi 6 mai à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan et vendredi 23 mai à l’espace culturel de la Pointe de Caux à Gonfreville-l’Orcher. Il y aura un album, Emily Loizeau Revisited – piano celle sessions qui sortira le 2 juin.

 

Quand avez-vous ressenti ce besoin de chanter en duo ?

C’est une envie qui me travaille depuis un petit moment. J’avais envie de me retrouver comme à mes débuts, de me concentrer sur le piano et d’être en dialogue, d’avoir un rapport privilégié avec un musicien, en l’occurrence avec Olivier Koundouno, ma fidèle épaule depuis huit ans. C’est hyper enrichissant. Jusqu’à présent, j’ai toujours considéré mes musiciens comme un groupe. Chacun a contribué à trouver le son de mon projet musical. Quand on est en groupe, ça fuse mais c’est épuisant et on passe aussi à côté de certaines choses. Avec olivier, on va au fond des choses.

 

Pourquoi ce musicien ?

Nous nous connaissons bien musicalement et humainement. Nous venons du classique et nous partageons le même amour pour la musique de chambre. Olivier a aussi un parcours jazz. Il a une richesse que je n’ai pas. Nous nous complétons. Ses territoires répondent aux miens.

 

Improvisez-vous sur scène ?

Les choses sont assez écrites et millimétrées. Elles peuvent changer dans le rapport au public ou à Olivier mais nous ne laissons pas de grands territoires à l’improvisation. Ce petit tour de chant est un ornement ciselé.

 

Jouez-vous davantage avec votre voix ?

Ce concert permet de lui laisser davantage de place. Elle prend notamment sa place dans le silence. Il fait laisser le silence exister. Ce qui permet de créer un champ d’émotion plus palpable et plus fort. Le silence est là comme un troisième musicien.

 

Avez-vous un autre rapport avec le piano ?

Il est plus présent. A la fin du concert, nous sommes assez épuisés tous les deux parce que nous ne pouvons pas souffler. Je suis au piano constamment. Sauf lors des moments avec seulement le violoncelle et la voix.

 

Qu’est-ce qui a guidé le choix des titres ?

Nous sommes allés vers le plaisir. Nous nous sommes aussi demandé ce qu’il était intéressant de refaire différemment. Nous avons pensé à nous, puis au public et tout est venu simplement. C’est un plaisir de jouer des morceaux que l’on n’a pas joués depuis longtemps. Pour les tournées précédentes, j’aimais bien parler d’un disque et pas resservir les singles.

 

Comment cette tournée nourrit votre travail futur ?

Cette tournée est un laboratoire. Cela ne veut pas dire que le prochain album sera comme ça. Néanmoins, c’est une mise au point. J’abats les cartes, je reviens à l’ossature, au centre sans artifice. Je regarde ce qu’il va rester de tout cela. C’est quelque chose de tout neuf pour moi. Jusqu’alors, je n’arrivais pas à écrire pendant les tournées. Il me fallait une phase de repos. Là, je laisse aller l’imaginaire.

 

  • Mardi 6 mai à 20 heures à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan. Tarifs : de 15 à 5 €. Réservation au 02 32 76 93 01 ou sur spectacle.mdu@univ-rouen.fr
  • Vendredi 23 mai à 20h30 à l’espace culture de la Pointe de Caux à Gonfreville-l’Orcher. Tarifs : de 12 à 1,50 €. Réservation au 02 35 13 16 54