Griefjoy_presse001Il y a certes eu un changement de nom pour le quatuor niçois, mais surtout une évolution dans leur esthétique musicale. Quadricolor est devenu Griefjoy, une formation pop rock teinté d’electro. Guillaume Ferran, Billy Sueiro, David Spinelli et Romain Chazut, quatre copains de lycée, ont écrit un album éponyme tout en contraste, passant de moments lumineux et légers aux instants les plus sombres et tendus. Les différents titres peuvent venir caresser doucement, envoûter et faire planer, puis remettre les deux pieds sur terre avec force. Griefjoy qui est mardi 15 octobre au 106 à Rouen joue de manière subtile avec les émotions. Entretien avec Guillaume Ferran.

 

Existe-t-il un lien entre Quadricolor et Griefjoy ?

Oui, il y a un lien. Griefjoy est une réaction à tout ce que nous avons pu faire ensemble : les concerts, les EP, la vie sur la route. Nous avions envie d’un nouveau départ.

 

Pourquoi ?

Quand nous avons commencé à jouer, nous étions très jeunes, 15 ans. Nous avons changé. Nous sommes devenus aujourd’hui d’autres personnes et nous pensons autrement la musique.

 

Que signifie autrement ?

Auparavant, nous avions le défaut de faire de la musique pour faire de la musique. Nous n’avions pas besoin de réfléchir sur ce que nous voulions dire. Aujourd’hui, nous ressentons le besoin de savoir pourquoi nous composons de la musique, pourquoi nous effectuons tous ces kilomètres. Nous nous interrogeons sur ce que nous voulons dire…

 

Ce sont des questions profondes.

Oui, c’était à une période où on devait signer avec une maison de disques. Il fallait plaire. Nous nous sommes alors perdus et nous avons perdu notre plaisir. Nous nous sommes alors dit : on va tout changer, créer notre label et penser tout cela comme un projet. Nous avons réfléchi ensemble et nous nous sommes rendus compte que nous avions besoin de nous exprimer. Pour cela, nous avons pris notre temps. C’était une mise à nu. Nous avons ainsi laissé davantage la place à l’émotion qu’à l’expérimentation. Avant nous n’osions pas le faire, il y avait trop de pudeur.

 

Il y a aussi une évolution dans les thèmes abordés. Vous êtes jeunes et vous parlez du temps qui passe.

C’est un thème qui est présent en nous, une angoisse qui a grandi.

 

Mais votre musique est plus contrastée.

Avant les guitares étaient très présentes. Maintenant, le piano a pris plus d’importance. C’est mon instrument de prédilection. Par ailleurs, nous avons donné pas mal de concerts. Nous avions en tête ce besoin de composer une musique efficace, plus dansante et cela enlève une part de gravité.

 

 

  • Mardi 15 octobre à 20 heures au 106 à Rouen.
    Tarifs : de 18 à 4 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
    Avec Micky Green