La compagnie Catherine Delattres retrouve cet été le plein air. Elle joue L’Etourdi ou les contretemps, une pièce de jeunesse de Molière qu’elle crée vendredi 4 juillet à l’Aître Saint-Maclou à Rouen.

 

l etourdiUn Molière. Catherine Delattres s’est beaucoup penchée sur les textes de Tchekhov, Marivaux, Corneille. Elle a mis en scène Cocteau, Ionesco, Feydeau, Labiche. Jamais Molière. C’est chose faite. Pour cette première, la metteur en scène a préféré les premières comédies de Molière. « Je ne voulais pas des textes que j’avais déjà vus sur scène mais être à la naissance d’un auteur, d’un metteur en scène et peut-être d’un acteur. Je me suis demandé ce que Molière avait fait lorsqu’il était jeune comédien. Avant d’être soutenu par le roi, il a sillonné les rues de province pendant treize ans ».

Catherine Delattres a ainsi choisi L’Etourdi ou les contretemps, une pièce de jeunesse. « Molière élabore un schéma de farces qu’il a emprunté aux Italiens. Il affirme son style. On sent que tout est en gestation ».

 

Une farce. L’Etourdi, c’est une farce et dix stratagèmes qui tombent à l’eau. Un texte en cinq actes joué en 1655 à Lyon qui restera au répertoire de l’Illustre-Théâtre en raison d’un vif succès. « Molière se donne le beau rôle de Mascarille qui a plus de la moitié des vers de la pièce ». Un jeune homme, Lélie, est amoureux de Célie, une fille jolie mais prisonnière du vieux Trufaldin. Pour conquérir sa bien-aimée, Lélie fait appel à son valet, Mascarille, un homme « débrouillard, magouilleur, très intelligent et fourbe. Il a les traits de tous les valets de Molière comme Sganarelle ou Scapin ». Mascarille échafaude dix plans pour son maître qu’il va casser à cause de sa maladresse et de son ingénuité. Tout se terminera bien et rapidement. Comme dans toutes les pièces de Molière.

 

Le théâtre du rire. L’Etourdi est « une pièce de plaisir, de gags, de fantaisie et de malice. Le rire, c’est la chose la plus difficile au théâtre. Quand on répète, on ne sait pas si le gag fonctionne. Tout est une question de timing, de rythme, d’équilibre. Cela se travaille et se travaille encore avec le public qui est un partenaire total. Avec ce théâtre, la réponse est immédiate ».

Pour Catherine Delattres, « Molière a une écriture scénique. Il a écrit à partir d’improvisation et il a dû répéter avant de finaliser cette écriture. L’Etourdi est une pièce de tréteaux. Nous avons gardé cet esprit de tréteaux. Nous utilisons les masques de la commedia dell’arte. Nous repartons aux sources du théâtre ».

 

Un duo de clown. Avec cette pièce, Catherine Delattres retrouve sa troupe et forme un duo de clowns avec Nicolas Dégremont (Mascarille) et Florent Houdu (Lélie). Il lui fallait un Mascarille qui a « un peu de bouteille parce qu’il parvient à tromper tout le monde. Il connaît la comédie humaine. Il en a déjà fait l’expérience. Il fait aussi honneur à la fourberie. On est dans la filiation de Figaro qui sera le valet ultime, révolutionnaire ».

Face à l’énergique Nicolas Dégremont, il y a Florent Houdu, « plein de candeur et d’enfance. Il a le syndrome de l’échec. Il vit dans l’autodestruction. Pourtant, on lui sert son bonheur sur un plateau. Mais, il a une telle candeur qu’on lui pardonne tout ».

L’un construit, l’autre déconstruit. C’est l’histoire du clown blanc et de l’Auguste.

 

Les comédiens

  • Bernard Cherboeuf : Trufaldin
  • Nicolas Dégremont : Mascarille
  • Florent Houdu : Lélie
  • Angelo Jossec : Léandre, Anselme et Andrès
  • Lisa Peyron : Célie, Pandolfe et un courrier
  • Lauren Toulin : Hippolyte, Ergaste et Anselme

 

Les dates

  • Du 4 au 9 juillet à 21 heures à l’Aître Saint-Maclou à Rouen.
  • Les 15 et 16 juillet aux Nuits de La Mayenne
  • Les 19 juillet à 21 heures et 20 juillet à 17 heures à l’abbaye de Bonport à Pont-de-L’Arche
  • Les 25 et 26 juillet à 21 heures au Manoir de Villers à Saint-Pierre-de-Manneville
  • Les 1er et 2 août à 21 heures au moulin d’Andé
  • Du 1er au 5 octobre au théâtre de Strasbourg
  • Le 9 janvier à L’Eclat à Pont-Audemer
  • Le 15 janvier à la salle des fêtes à Gisors
  • Les 22 et 23 janvier au théâtre du château à Eu

 

A l’Aître Saint-Maclou à Rouen

Un Soir à l’Aître, ce sont cinq compagnies de théâtre rouennaises qui investissent ce lieu chargé d’histoire pendant un mois.

  • Du 4 au 9 juillet à 21 heures : L’Etourdi de Molière par la compagnie Catherine Delattres. Tarifs : de 16 à 6 €. Réservation au 02 35 98 23 34.
  • Du 11 au 16 juillet à 21 heures : Le Cabaret Boucher par le Safran Collectif. Tarifs : de 12 à 7 €. Réservation au 02 32 08 13 90.
  • Du 18 au 23 juillet : Le Spectateur condamné à mort par le Caliband Théâtre. Tarifs : de 12 à 7 €. Réservation au 02 32 08 13 90.
  • Du 1er au 6 août : L’Abribus par la compagnie des Zoaques. Tarifs : de 12 à 7 €. Réservation au 02 32 08 13 90.