Dans Savoir enfin qui nous buvons, Sébastien Barrier dresse des portraits de vignerons tout en faisant goûter leur vin. C’est une dégustation artistique à partager vendredi 6 février à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan.

 

photo Yohanne Lamoulère

photo Yohanne Lamoulère

« J’aime l’ivresse. Il y a quelque chose de magique. J’aime les moments de célébration, d’abandon, d’oubli… C’est une façon de tenir, de faire sortir des choses que l’on ne peut pas faire sortir autrement. On rit de la mort, des aberrations de la vie… » Sébastien Barrier ne raconte pas seulement les bonnes bitures inoubliables prises avec ses copains vignerons dans Savoir enfin qui nous buvons. « J’en parle bien sûr mais pour m’en moquer ».

 

Son spectacle s’avère bien plus profond. Dans une salle, aménagée comme un bistrot, Sébastien Barrier revient sur la rencontre avec « des personnalités », avec des professionnels et professionnelles qui « font le bien autour d’eux », avec ces hommes et ces femmes qui « ont un esprit de communauté, un rapport au monde, à la vie, à une pensée écolo, une attention portée au sol, à la nature ». Le comédien d’exception les a rencontrés pour la première fois lors du salon des vins naturels dans le pays de Loire. Et il a décelé chez eux une certaine théâtralité.

 

Savoir enfin qui nous buvons est une grande fresque humaine dans laquelle Sébastien Barrier, conteur et chansonnier, dresse le portrait de ces vignerons. Il y a les mots et aussi les images, le vin que le public déguste tout au long de la soirée. Quel lien entre les traits de caractère des vignerons et leur vin ? « Je suis dans l’incapacité de déceler la personnalité de ces hommes dans le vin ».

 

Sébastien Barrier dit, raconte, amuse, divague, réinvente son texte à chaque spectacle. « Je m’autorise quelques moments de digression. Je m’interroge sur l’addiction, le couple, la dépression… Je me laisse traverser par des instants de doute, divertir par le moment présent ». C’est un vrai road movie qui peut durer plusieurs heures. « Quand j’étais enfant, je ne supportait pas que l’on ne s’occupe pas de moi. J’ai appris à capter et à maintenir l’attention des autres ». Le comédien fait le fanfaron lors de ce marathon arrosé de bons vins : sept dégustations mais pas plus de 3 cl à chaque fois.