En 2003, Benoît Charest signe la bande originale des Triplettes de Belleville. Le compositeur crée une musique quelque peu nostalgique évoquant les cabarets parisiens des années 1930 et reçoit le César de la meilleure musique écrite pour en film en 2004. Benoît Charest la joue avec son Terrible Orchestre de Belleville mardi 18 décembre à L’Éclat à Pont-Audemer. Un ciné-concert pour se replonger dans l’ambiance rétro de l’histoire de Champion, un passionné de vélo. Il est encouragé par sa grand-mère à se lancer dans la compétition, notamment sur les routes du Tour de France. Un jour, Champion se fait enlever par deux gangsters. Madame Souza et son chien, Bruno, partent à sa recherche et arrivent à Belleville où ils rencontrent les célèbres Triplettes, les reines du swing. Entretien avec le compositeur

Revenir à une musique, c’est rare pour un compositeur. D’où est venue cette envie de jouer Les Triplettes de Belleville ?

Le film est sorti et nous n’avons plus posé un regard sur la musique. Ces dernières années, j’ai tellement travaillé sur mon ordinateur à composer de la musique que j’ai eu envie de sortir de mon studio et de me promener. En fait, j’ai eu envie de jouer, de m’amuser avec mes potes.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet de Sylvain Chomet ?

J’ai tout d’abord été interpelé par le trait, le style, la couleur, le mouvement. Il y a beaucoup de détails dans le mouvement, dans les regards. C’est très impressionnant quand on voit les images mais c’est stimulant.

Dans ce film, on traverse trois décennies. Est-ce que cela a été une contrainte particulière ?

Dans la composition, tout est un défi. La contrainte est toujours variable. Une image est un cadre qui donne une direction. Quand le film est bon, c’est très agréable. Le travail d’un compositeur doit bien cerner le propos, l’émotion. Dans le cas des Triplettes de Belleville, il y a en effet cette chronologie qui m’a demandé un travail de recherche. J’ai dû aussi puiser dans ma culture musicale. La musique du film est le fruit d’un mélange de toutes mes influences, de Duke Ellington à Django Reinhardt.

Que signifie cerner le propos ?

En fait, c’est du cas par cas. Il y a des réalisateurs très volubiles, d’autres moins bavards. Certains donnent beaucoup de liberté. Il faut composer avec toutes ces variables. Il n’y a pas de science absolue, pas de modèle précis. Il faut savoir s’adapter, être capable de d’accepter les règles.

Avez-vous plus de liberté sur scène ?

Nous avons un peu de liberté. Comme dans la musique classique, nous avons une partition et il n’y a pas de place à l’improvisation. Néanmoins, l’interprétation des Triplettes de Belleville est un vrai défi. Nous dépendons du rythme du film. Avec ma bande, nous nous amusons bien et nous voyageons beaucoup.

Sur scène, il y a la musique et aussi les bruitages.

Oui mais nous ne jouons pas tout. Seulement une partie. Nous ne sommes pas assez nombreux pour montrer tous les effets.

Quel regard portez-vous sur le film aujourd’hui ?

Il n’a pas vieilli. C’est un très beau film. C’est de l’art. Les Triplettes de Belleville appartiennent un peu à toutes les époques.

Infos pratiques

  • Mardi 18 décembre à 20h30 à L’Éclat à Pont-Audemer.
  • Spectacle tout public à partir de 7 ans
  • Tarifs : 12 €, 8 €.
  • Réservation au 02 32 41 81 31 et sur http://eclat.ville-pont-audemer.fr