Une nouvelle fois, les Colporteurs ont mêlé acrobatie, humour et poésie dans cette nouvelle création inspirée du Jardin des délices de Jérôme Bosch. Sous La Toile de Jheronimus est à voir du 13 au 16 mars sous chapiteau au Havre.

photo Guillaume de Smedt

« Jérôme Bosch m’accompagne de loin depuis longtemps. Je l’ai découvert grâce à ma fille qui fait due l’art plastique. Un jour, on a dû lui acheter un livre. Ce fut une découverte impressionnante. Il a un imaginaire étonnant, surréaliste, inventif. Jérôme Bosch, c’est tout un monde fantasmagorique ». Antoine Rigot n’avait jamais vraiment en tête l’écriture d’un spectacle inspiré des œuvres de ce peintre néerlandais (1450-1516). « C’était dans les tiroirs ». Il a fallu une commande de la fondation Jérôme Bosch pour « cela réveille cette histoire ».

Antoine Rigot se penche alors sur le tableau le plus célèbre de l’artiste, Le Jardin des délices, une huile sur bois en forme de triptyque peinte entre 1494 et 1505 et représentant cinq fragments,  la création du monde, celle de l’homme et la femme, la connaissance et la volupté, la conscience et l’aveuglement, et la fin du cycle. « C’est une projection du monde, un regard fantasmé d’une réalité. Il évoque la création, crée une harmonie et aussi un enfer, montrant ainsi que les humains n’arrivent pas à y échapper. Quand on ouvre le triptyque, il y a la couleurs, les animaux, la vie. On ne ressent pas de pression, de jugement. C’est un regard indépendant ».

Antoine Rigot trouve là rapidement « une résonance avec le monde d’aujourd’hui. Que faisons-nous de ce cadeau incroyable qu’est la terre. L’être humain ne cesse de l’abîmer et de s’abîmer. C’est un cycle dont il ne parvient pas à sortir ». Avec sa compagnie Les Colporteurs, fondée avec Agathe Olivier, l’ancien acrobate emmène dans l’univers de Jérôme Bosch. Sous La Toile de Jheronimus, présenté du 13 au 16 mars au Havre, est une traversée circassienne, musicale et burlesque à suivre sur un fil tendu au dessus de la piste, sur un trapèze Washington, le long de deux mâts chinois. La performance des artistes rappelle cette soi-disante volupté, cette légèreté de la vie. La nouvelle création des Colporteurs est aussi une tragédie dénonçant les catastrophes, les souffrances et les déviances de l’individualisme. Même le rapace vient demander sa part dans ce monde qui reste fragile.

 

 

  • Mardi 13 mars à 20h30, mercredi 14 et jeudi 15 mars à 19h30, vendredi 16 mars à 20h30 sous chapiteau au champ de foire au Havre. Tarifs : 10 €, 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com
  • Spectacle tout public à partir de 9 ans