Le danseur et chorégraphe Abderzak Houmi interroge le hip-hop. Contact#1 est le premier volet d’une trilogie dansée sur un tapis aux étonnantes caractéristiques. Il se produit avec sa compagnie X-Press vendredi 16 février à Juliobona à Lillebonne.

À son actif, il a dix créations. Pour Abderzak Houmi, il était temps de « renouveler la gestuelle » du hip-hop. « Il m’importait d’être moins terre à terre, de me mettre un peu en danger ». Le danseur et chorégraphe de la compagnie X-Press ne pouvait y parvenir sans modifier son environnement. Il s’est alors procuré un tapis de 10 mètres sur 6 mètres. Mais pas n’importe lequel. Celui-ci possède une surface surprenante parce qu’il est capable d’absorber et d’amortir le poids des interprètes, de favoriser des rebonds. Les danseurs se retrouvent ainsi sur un sol mou et dur.

« Dans un premier temps, j’ai eu envie de travailler sur une danse verticale mais je ne voulais utiliser un trampoline ou des cordes. Avec ce tapis, je me suis rendu compte des multiples possibilités qu’il offrait sur du long terme. Je peux développer le mouvement. C’est un projet qui m’emmène sur sept ou huit ans », explique Abderzak Houmi.

Une mémoire des corps

Le chorégraphe a commencé son travail d’exploration avec six danseurs différents (hip-hopeur, contemporains, polyvalents, acrobates, capoeiriste). « Ce fut un travail empirique. Ce qui nous a tout d’abord étonné ce fut les changements concernant les appuis. On s’en doutait quand même un peu. Il y a surtout l’arythmie qu’il engendre. Nous avons l’habitude d’être en musique. Là, le tapis répond différemment selon notre danse et notre énergie ». Sont-ils parvenus à apprivoiser ce tapis magique ? « Je ne sais pas si je peux dire cela », répond Abderzak Houmi. « Il y a encore certaines choses que nous ne maîtrisons pas encore. On ignore toujours où sont tous les dangers. Cependant le corps s’habitude à ce tapis. Après 20 ans de danse, il a cette capacité. Quand nous allons danser sur des scènes d’opéras, inclinées à 3 %, le corps se positionne très vite autrement ».

Interprétée vendredi 16 février à Juliobona à Lillebonne, Contact#1 est la première des trois créations imaginées par le chorégraphe de la compagnie X-Press. « C’est un travail sur le mouvement, sur la danse, sur la gestuelle, donc un premier contact avec cette matière ». Contact#1 est une série de tableaux dans lesquels la danse peut être aérienne, empreinte de tension ou très physique. Les corps bondissent, s’envolent, rebondissent ou entrent en contact avec le sol. Dans tous les cas, ils deviennent fragiles.

 

 

  • Vendredi 16 février à 20h30 à Juliobona à Lillebonne. Tarifs : de 19 à 5 €. Réservation au 02 35 38 51 88 ou sur www.juliobona.fr