C’est un nouveau chapitre dans l’histoire de Girls in Hawaii. Il est marqué par la sortie du quatrième album du groupe bruxellois. Nocturne se distingue nettement des précédents disques par la finesse des mélodies, les ambiances éthérées, la douce mélancolie. Avec le quintet, la nuit prend des couleurs lumineuses et chaudes. Girls in Hawaii est au 106 à Rouen mercredi 6 décembre. Entretien avec Lionel Vancauwenberghe, coauteur avec Antoine Wielemans de Nocturne.

Comment a résonné le mot Nocturne lors de l’écriture de l’album ?

Nous avons trouvé le titre de l’album à la fin de notre travail. Il y a une vraie cohérence dans tout cela. Nous avions une matière musicale, la pochette. Le titre a un lien fort avec cette peinture qui a été comme un fil conducteur. C’est une nuit magique. On voit apparaître la lumière du lendemain. Dans cette image, il y a une connotation positive. Nous avons aussi beaucoup composé la nuit, dans des ambiances un peu irréelles, éthérées, évanescentes.

Vous parlez de matière. Avez-vous eu la même approche qu’un peintre ?

Nous avons eu parfois cette impression. Nous aimons beaucoup la peinture. Nous connaissons des peintres, leur méthode de travail. Pour cet album, il y a eu en effet un empilement de couches. La musique s’écrit souvent comme cela. D’autant que nous avons intégré pas mal de couches de synthés.

Avec Nocturne, vous vous inscrivez pourtant dans le minimalisme ?

Dans Nocturne, il y a beaucoup de couches, de sons, de couleurs musicales… Ce sont divers empilements que ne peut percevoir l’auditeur. Il y a en effet ce sentiment d’une musique minimale, d’une impression de dégagement. Nous avons fait ce choix pour laisser de la place à la voix. Nous avons écouté à nouveau nos anciens disques dans lesquels nous avions mis de nombreux éléments pour en fait masquer des défauts d’écriture. Cette nouvelle démarche nous a demandé bien plus de travail.

Avant cet album, aviez-vous une appréhension du vide ?

Ah ! Oui. Pour mettre en avant la voix, il faut assumer. Parce que tout va tenir sur une émotion, sur l’écriture des mélodies. Ce fut un travail très intéressant. Du coup, le disque est assez fluide, simple, très pur et très brut.

 

Est-ce que votre travail a alors été plus instinctif ?

Oui parce que nous nous sommes donné un impératif de temps. Dès la fin de la tournée d’Everest, nous sommes repartis dans l’écriture. Ce moment nous avait bien nourris. Nous avions vraiment la pêche. Six mois plus tard, nous avions composé une trentaine de morceaux. Nous nous sommes aussi imposé un temps de studio. Cette contrainte nous a permis d’être très efficaces, très organisés. Cela a été un peu comme une révélation.

Pour cet album, on vous imagine davantage dans un rêve ?

Avec Antoine, nous nous sommes dit que nous allions écrire des morceaux plus accrocheurs. Nous nous sommes vraiment pris au jeu parce que nous nous sentions bien avec cette matière vaporeuse, éthérée. En Studio avec Luke Abott (le producteur, ndlr), il a apporté l’élégance.

L’album s’appelle Nocturne mais vous le commencez avec This Light. Pourquoi ?

C’est Antoine qui a écrit cette chanson. Il l’a écrite après une séance d’hypnose. Nous avons fait cela pour nous mettre dans l’écriture sans réfléchir, pour partir sans réfléchir. Avec ce titre, il était dans son voyage à lui. This Light est un bon morceau introductif. Il impose un rythme, s’apprivoise et se retrouve hors du temps.

Pour cette tournée, quelle ambiance avez-vous privilégié : celle de Nocturne ou celle des albums précédents ?

Nous savions que ce travail allait être compliqué. Nous avons choisi d’être raccord avec Nocturne, d’être dans cette esthétique avec moins de guitares et de plus de synthés. Tout en restant fidèle à ce côté rock. Rien n’est figé. Nous restons dans le doux-amer.

  • Mercredi 6 décembre à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 24 à 15 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Première partie : Marc Melià