Le Théâtre du Rivage s’est emparé d’une thématique : le rapport au temps. Un sujet inépuisable que la compagnie de Pascale Daniel-Lacombe développe dans un triptyque. Elle joue les deux premiers volets, Maelström, le 3 avril et Dan Då Dan Dog le 4 avril au Tangram lors du festival Dédale(s).

Pour la première partie d’un triptyque consacré au temps, Le Théâtre du Rivage a passé commande d’un texte à Fabrice Melquiot. Le sujet : l’adolescence. « C’est la dernière marche avant de basculer dans la vie adulte. Lors de l’attentat à Charlie Hebdo, j’étais dans un lycée et j’ai ressenti un émoi très fort de la part des élèves. J’ai vu dans leur regard que leur présent devenait fragile, que leurs perspectives étaient bouleversées et qu’il était difficile d’envisager l’avenir. L’adolescence reste néanmoins une promesse pour plus tard ».

Pascale Daniel-Lacombe a alors demandé à l’auteur d’écrire une histoire sur une adolescente en difficulté pour voir ses lendemains. « Il a imaginé une jeune fille de 14 ans, Véra, sourde de naissance. Appareillée, elle a le pouvoir d’entendre ». Véra vient de traverser une tempête : un refus amoureux du garçon dont elle éprise. « À partir de là, elle va remettre toute sa vie en question. Pour elle, ce n’est déjà pas simple. Elle fait beaucoup d’efforts pour vivre au milieu des entendants. Elle questionne alors l’histoire, son passé et surtout son avenir ».

Maelström est le monologue de cette adolescente, assise à un arrêt de bus. Elle est révoltée. Alors elle balaie différents sujets avec sa fouge : sa vie, la vie avec ses parents, celle avec ses copains, l’école, l’amour, le monde avec ces guerres et ces attentats. « Elle ne comprend pas cette humanité ». Là, Véra quitte le monde de l’enfance pour mettre un premier pied dans celui des adultes.

Un casque sur les oreilles, le spectateur suit les pensées de Véra. « Pour les entendre, il doit aussi être appareillé. Cela questionne également l’écoute du public qui est enveloppé par le son. Nous avons effectué un long travail sur les bruits de la rue ». 

Pascale Daniel-Lacombe

Drôle et absurde

Le thème du temps est abordé de manière différente dans le deuxième volet, Dan Då Dan Dog. Pascale Daniel-Lacombe a mis en scène la pièce de Rasmus Lindberg. Dan Då Dan Dog ou Le mardi où Morty est mort raconte « les turpitudes existentielles de sept personnages ». L’auteur suédois s’amuse avec les tourments de ces êtres complètement perdus.

Un vieil homme meurt. Son épouse veut envisager autrement l’avenir jusqu’à ce qu’une piqûre d’insecte vienne compromettre ses projets. Leur petite-fille Amanda, veut prendre quelques moments de liberté, tombe amoureuse de Herbert, un grand nihiliste, et se désintéresse de Sonny, le fils du pasteur qui s’occupe de l’enterrement du grand-père. Pendant ce temps, Sofia tente de trouver des sens à son existence. Et le chien ? Morty n’en peut plus de tous leurs désarrois et s’échappe…

Pour la metteuse en scène, Dan Då Dan Dog a été une « véritable casse-tête. Rien n’est linéaire ». Ramus Lindberg mêle les temporalités, bouscule cette ligne passé-présent-futur, confronte la réalité et le rêve. Des ingrédients pour une comédie drôle et absurde.

Il reste un troisième volet au Théâtre du Rivage pour clore ce cycle sur le rapport au temps. Il portera sur le libre arbitre. 

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