Il est tombé des oiseaux en Normandie… Victor Pouchet raconte les raisons de cette hécatombe dans Pourquoi les oiseaux meurent, un roman qu’il vient présenter mercredi 22 novembre à L’Armitière à Rouen.

C’est l’éditeur du charmant En attendant Bojangles qui propose le livre de Victor Pouchet, Pourquoi les oiseaux meurent. A bien y regarder, on trouvera d’ailleurs une filiation entre les deux romans. Un humour léger et une sensibilité qui affleure au fil du récit.

Pourtant, ce n’était pas gagné avec cette drôle d’histoire d’un futur thésard en perte de motivation, fraîchement célibataire, qui se lance à corps perdu dans la résolution d’un mystère qui ne semble inquiéter personne : des nuées d’oiseaux morts qui tombent subitement du ciel. Et pour mener l’enquête, il descend la Seine à bord d’un bateau de croisière… On se dit alors que le pauvre Victor Pouchet – c’est le nom aussi du narrateur – a peu de chance d’être consultant sur la série Les Experts. Il n’est pas seulement désespéré, il est aussi sévèrement prédisposé à prendre le pire chemin pour trouver une solution… Et l’enquête va d’ailleurs avancer au rythme de l’embarcation avec le concours d’un passager, de la femme de l’équipe (« tu es belle, lui ai-je dit, comme une centrale nucléaire de nuit. ») et d’un pianiste porté sur la boisson.

« Ça fait deux jours que je regarde et que je ne vois rien. Mes yeux sont épuisés, ai-je répondu en me servant des carottes râpées. »

Mais ce n’est peut-être pas un hasard si son chemin (navigable) l’amène vers le cœur de la Normandie. Vers Bonsecours, là où son père a donné de ses dernières nouvelles. « Mon père était né juste après la guerre dans une famille de la bourgeoisie normande. Il avait vécu entre deux époques, pris entre les éductions contemporaines et la perpétuation maladroite du XIXe siècle, de ses traditions inamovibles, et de ses révolutions ratées. » A Rouen, il va suivre la trace de celui qui aurait pu être son ancêtre Félix-Archimède Pouchet, fondateur du muséum de la ville. Et si tout cela n’était pas un hasard. Ce n’est pas le moindre mérite du livre que de donner à tout un faisceau de signaux improbables fortement référencés un dessein savamment orchestré. Et si le sujet est de savoir pourquoi les oiseaux meurent, on en apprend de fait un peu plus sur la vie des humains. L’air de rien.

Hervé Debruyne

  • Mercredi 22 novembre à 18 heures à L’Armitière à Rouen. Entrée libre.